dimanche 19 novembre 2017

Cold Winter Challenge 2017 | CHALLENGE

   Salut toi !

   "Oh la la, quelle originalité, Gaëlle, on ne s'attendait pas du tout à cet article de ta part cette année encore, c'est pas comme si tu participais pas chaque année au challenge Cold Winter et nous soûlais pas avec sur les réseaux sociaux..." Je sais ce que vous pensez, mais, eh, vous m'aimez comme ça non ? Ce challenge me tient particulièrement à cœur chaque année, parce que déjà, il me permet de sortir des livres qui attendent depuis longtemps dans ma PAL, et en plus, c'est mon moment cocooning de l'année.


   Comme vous le savez sans doute, vu que j'en parle chaque année, ce challenge a été créé par Antonine, et modéré par Margaud cette année sur les réseaux sociaux. Je vous laisse la vidéo de Margaud ci-contre, qui vous en parlera mieux que moi :
 
   Bon, vu que moi, j'avais déjà prévu ma PAL pour cet évènement depuis beeeeeelle lurette (vous pouvez d'ailleurs retrouver tous les livres qui me tentent pour le CWC dans une liste publique sur mon compte Livraddict juste ici), je me suis rendue compte avec amusement que je remplissais trois des quatre menus concoctés par Margaud cette année : les menus "La magie de Noël" avec Les Carillons de Charles Dickens et Noël à Virgin River de Robyn Carr, "Flocons Magiques" avec le tome 2 de L'épée des ombres de J.V. Jones, La Forteresse de glace grise, et enfin "Marcher dans la neige" avec Winter de Rick Bass et Vouloir toucher les étoiles de Mike Horn. A ceux-ci, je souhaite rajouter deux livres supplémentaires cette année : Esprit d'hiver de Laura Kasischke et Le Petit Chaperon Rouge : Un Nouveau Monde de Leandro de Carvalho.


  • Les Carillons (contes de Noël) de Charles Dickens
  • Noël à Virgin River de Robyn Carr
  • Le Petit chaperon Rouge : Un Nouveau Monde de Leandro de Carvalho
  • Vouloir toucher les étoiles de Mike Horn
  • L'épée des ombres, tome 2 : La Forteresse de glace grise de J.V. Jones
  • Esprit d'hiver de Laura Kasischke
  • Winter de Rick Bass

Et voilà pour moi ! J'espère avoir rappelé ce challenge à votre bon souvenir, et vous retrouver en décembre autour de belles lectures, de plaids tous doux et de chocolats chauds bien réconfortants. En tous cas, moi je sais déjà que mon mois de décembre (outre les partiels et le stress à l'IUT) sera absolument parfait, livresquement parlant.




mardi 14 novembre 2017

Personne ne gagne

Titre original : You can't win
Auteur : Jack Black
Edition : Monsieur Toussaint Louverture
Collection : Les Grands Animaux
Parution originale : 1932
Genre : Mémoires
Origine : Etats-Unis
Nombre de pages : 480 pages

   Résumé : Thomas Callaghan, dit "Jack Black", né dans le Missouri, aux Etats Unis. Orphelin de mère et délaissé par son père, il est fasciné par les grands bandits qu'il côtoie depuis sa plus tendre enfance et mène très vite une vie de "hobo". Il devient à l'âge adulte un "yegg", un perceur de coffres émérite, puis est condamné à 26 ans de prison. Il raconte ses mémoires à sa sortie de prison, alors qu'il est engagé par un journaliste, dans le cadre de sa réinsertion dans la société.

   Personne ne gagne est un des deux livres que j'ai lu cette année que je classe dans mes coups de cœur ultimes de cette année 2017. Je l'avoue, si je me suis intéressée à ce livre de prime abord, c'est en premier lieu pour sa couverture magnifique : la maison d'édition Monsieur Toussaint Louverture fait un travail superbe avec sa nouvelle collection des Grands Animaux, qui compte à ce jour, et pour le moment, trois romans. Et non seulement ces livres sont avant tout de très beaux objets, mais ils sont aussi très peu chers, surtout pour du semi-poche. En ce qui concerne Personne ne gagne, je peux vous assurer que le contenu est aussi bon que l'extérieur est beau.

   Personne ne gagne est le témoignage de Thomas Callaghan, alias "Jack Black", un grand bandit du XIXè siècle, né dans le Missouri, aux Etats-Unis. Etant orphelin de mère et délaissé par son père, celui-ci se retrouve à devoir rouler sa bosse très jeune, et côtoie de ce fait des personnes très peu fréquentables, surtout à cette époque aux Etats-Unis. Très vite, ils se retrouve embrigadé par des voyous pour faire des casses et cambrioler des coffres. Jack Black va notamment devenir un yegg, un perceur de coffres émérite. Toujours en quête de liberté, il va cependant se retrouver régulièrement en prison, et va écoper de 26 ans d'enfermement.

   L'intérêt principal que je trouve à ce livre, c'est que ce n'est pas un roman, et pourtant, ça ressemble à un roman. Jack Black raconte son histoire avec une plume de conteur, on a cette impression que l'auteur nous raconte son récit comme s'il était présent dans la pièce, avec une forme d'oralité qui rend le récit très fluide et agréable à lire. Mais cette histoire n'est pas un conte, c'est une histoire vraie. Tout ce que raconte Jack Black lui est réellement arrivé, c'est une forme d'autobiographie, ce qui est d'autant plus intéressant qu'on a une vraie vision de la vie dans l'Ouest des Etats-Unis au XIXè siècle, vision que l'on a d'habitude seulement à travers les différents westerns qu'a pu produire Hollywood, et qui est souvent très romancée. Ici, Jack Black nous expose sa vie de hobo de manière brute, dans un style qui explose tous les stéréotypes. Jack Black n'a pas le souci de plaire, comme beaucoup d'auteurs qui écrivent leur autobiographie, mais simplement d'exposer une vie sujette aux préjugés et à une certaine fascination.

   Jack Black atteint un autre objectif en nous contant son histoire : conter un récit authentique, raconter ces vies que l'on ne connaît pas, que nous ne comprenons pas. C'est un récit dans lequel le lecteur s'implique, et devient presque complice des méfaits du narrateur, on le suit dans son monde et on s'imprègne de ses codes. C'est un récit qui vient du cœur, plein de vie et d'espoir, qui contraste avec une vie sans avenir et dangereuse. Le temps d'une lecture, on intègre ce réseau de cambrioleurs, de receleurs, de bandits, qui ne connaissent que leurs propres codes et leurs propres lois, ne respectent que leurs propres valeurs. Raconter son histoire, c'est cependant également raconter les dessous peu glorieux : les arrestations, la prison, la mort. Jack Black insiste particulièrement sur le sujet, et a pour combat dans ses dernières années de changer la politique des prisons américaines. A l'époque, la torture et le matraquage des prisonniers était autorisé, et loin de dissuader ceux-ci de récidiver à leur sortie de prison, et de se réinsérer dans la société, cela allume la flamme de la vengeance dans leur esprit et les pousse à recommencer, toujours d'une manière plus extrême. Jack Black a eu la chance de tomber sur les bonnes personnes à la fin de sa peine. Personne ne gagne, c'est le discours rétrospectivement amer et pessimiste d'un homme qui rêvait de liberté, et qui ne peut l'avoir en entier. Personne ne gagne, c'est le récit de celui qui réalise que dans la vie, personne ne gagne. Le narrateur regarde son passé, sans juger, mais avec une certaine sagesse, le révèle avec tendresse sans atténuer sa rudesse, sans se dédouaner, sans bien-pensance, sans arrière pensée.

    Personne ne gagne est un récit brut, mais plein de tendresse ; chaud, qui dépeint un monde froid ; terriblement authentique. Ces mémoires d'un grand bandit forment un concentré d'une Amérique qui perdure encore aujourd'hui, soulèvent des problématiques toujours d'actualité, toujours avec une simplicité déconcertante et une verve de conteur.

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vendredi 10 novembre 2017

Autre Monde, tome 1 : L'alliance des Trois

Auteur : Maxime Chattam
Edition : Le Livre de Poche
Parution originale : 2008
Origine : France
Genre : Fantastique, Post-Apocalyptique, Surviving
Nombre de pages : 451 pages
 Résumé : Personne ne l'a vue venir. La Grande Tempête : un ouragan de vent et de neige qui plonge le pays dans l'obscurité et l'effroi. D'étranges éclairs bleus rampent le long des immeubles, à la recherche de leurs proies, qu’ils tuent ou transforment... Après leur passage, Matt et Tobias se retrouvent sur une Terre ravagée, différente. Désormais seuls, ils vont devoir s’organiser. Pour comprendre. Pour survivre... à cet Autre-Monde.


   Autre Monde est le premier roman de Maxime Chattam que je lis. C'est un auteur que j'ai toujours boudé, et ce, uniquement par préjugé. Maxime Chattam est un auteur spécialisé dans le roman policier, un genre de roman qui ne m'a jamais particulièrement attirée, son nom est donc peu présent dans ma bibliothèque. Cependant, j'ai décidé de lui laisser une chance après avoir regardé les Instastories de Lemon June sur le sujet. Ça avait l'air différent, la couverture était cool, alors je me suis lancée. Et j'ai eu raison.

   On retrouve avec ce premier tome deux amis, Matt et Tobias. Ceux-ci sortent du collège un jour, et constatent qu'une tempête est sur le point de se former, ils se dépêchent alors de rentrer chacun chez eux. Alors que celle-ci éclate, Matt se rend compte que cette tempête n'est cependant pas comme les autres : elle est particulièrement violente, puisque ses éclairs font disparaître ou transforment en monstres presque tous les adultes, épargnant les enfants. Tobias et Matt se retrouvent ensuite, et décident de partir vers le sud des Etats-Unis afin de découvrir si des groupes de survie se sont formés. C'est alors que commence une grande aventure à travers les Etats-Unis ravagés.

   Ce que j'ai particulièrement apprécié avec ce premier tome, ce sont les préoccupations écologiques que soulève Maxime Chattam. En effet, à travers les paroles de ses personnages, il fait le présupposé que la Terre, notre maison, possède une conscience, et que celle-ci, en créant une tempête qui décima presque toute sa population adulte, décida de se révolter contre tout le mal qui lui a été fait depuis que l'Homme vit. Et personnellement, je la trouve particulièrement patiente, la Terre, parce que moi ça ferait depuis longtemps que j'aurais écrasé la vermine qui me ronge la peau si j'étais elle, j'aurais pas attendu des siècles.  Même si un siècle dans la vie de la Terre doit correspondre à une seconde dans ma vie, mais bon. Je m'égare.
   L'idée de ce roman est de rendre la Terre à ses héritiers, les enfants. Celle-ci les a épargnés car elle estime que les enfants ont droit au bénéfice du doute et qu'ils sont encore les plus aptes à réparer les erreurs de leurs aînés. Toujours d'après ce que les enfants présupposent, puisque dans ce premier tome, aucune réponse n'est données, seules des suppositions sont faites. Il faudra attendre la suite pour comprendre, et donc être patients.

   Ce que je remarque avec cette première entrée dans l'univers de Maxime Chattam, c'est que ses romans ont l'air d'être ultra référencés. Dès le départ, l'auteur ouvre une fenêtre sur son univers musical, cinématographique et littéraire, on sent qu'il met du sien dans son livre et ça fait du bien à lire. Mais du coup, cela a ses avantages et ses inconvénients : en ce qui concerne la construction des personnages principaux, j'ai eu des réminiscences d'autres trios de personnages que j'ai vu dans d'autres œuvres littéraires : Matt, Tobias et Ambre m'ont fait penser à certains moments à Harry, Ron et Hermione dans Harry Potter de JK Rowling, mais aussi, et surtout, à Percy, Grover et Annabeth dans la saga Percy Jackson de Rick Riordan : Matt est un personnage qu'on peut qualifier de "stupidement héroïque et loyal", tout comme Percy, Tobias est un personnage particulièrement peureux, mais qui possède un cœur d'or et une loyauté à toute épreuve, à l'image de Grover, et Ambre est la fine stratège du groupe, tout comme l'est Annabeth. Du coup, je n'ai pas trouvé que ces personnages avaient une existence propre dans ce roman, je les ai trouvés un peu caricaturaux, et j'espère que cela changera dans les tomes à venir.

   Dans tous les cas, L'Alliance des Trois est un très bon premier tome à mon sens : il y a de l'action et des péripéties, je ne me suis pas ennuyée une seule fois au cours de ma lecture, les personnages bien qu'un peu clichés sont agréables et on prend plaisir à suivre leurs aventures, l'histoire tient debout et est cohérente en fonctions des codes de l'univers de l'auteur. Le roman possède tous les ingrédients d'une excellente saga en devenir, et j'ai hâte de découvrir la suite.

mardi 7 novembre 2017

GLOW | Chronique Série

Titre original : GLOW
Créée par : Liz Flahive & Carly Mensch
Origine : Etats-Unis
Genre : Comédie
Première diffusion : 23 juin 2017
Sur : Netflix
Vue en : VOSTFR
S'étend sur : 1 saison, 10 épisodes
Durée d'un épisode : 35 minutes
Statut : En production
Avec : Alison Brie, Betty Gilpin, Sydelle Noel, Britney Young, Marc Maron
   Pitch : Ruth est une actrice au chômage qui enchaîne les auditions et les déceptions. Elle se présente suite à une annonce recherchant des femmes "non conventionnelles". Sur place, elle apprend qu'il s'agit d'un spectacle de catch féminin télévisé, GLOW. En parallèle, elle doit gérer ses erreurs passées avec le mari de sa meilleure amie, la vedette de GLOW.
   Si on m'avait dit un jour que je me prendrais d'affection pour quoi que ce soit qui ait un rapport avec le catch, je crois que j'aurais ri au nez de cette personne. Et pourtant, GLOW, la nouvelle série de Netflix qui rend hommage aux Gorgeous Ladies Of Wrestling (= les Sublimes Dames du Ring), une série éponyme de catch féminin diffusée dans les années 80, est une de mes séries préférées de 2017, voire une de mes préférées tout court.
   GLOW raconte l'histoire de Ruth, une actrice au chômage qui peine à trouver du travail au début de la série et enchaîne les auditions sans jamais être rappelée. Elle se pense ratée, car elle ne trouve ni travail, ni mec, ni objectif dans la vie. En plus, elle a commis une grosse erreur avec le mari de sa meilleure amie un soir où elle avait forcé sur la bouteille, ce qu'elle regrette amèrement. Sa vie bascule le jour où elle est appelée pour une audition pour un casting recherchant des "femmes non conventionnelles". Elle s'aperçoit alors qu'elle va participer à un show mettant en scène des matchs de catch féminin, pour un programme télévisé intitulé GLOW, Gorgeous Ladies Of Wrestling. N'y prêtant que très peu de crédit et ne le prenant pas au sérieux au départ, Ruth va finir par s'investir pleinement dans ce monde de paillettes, de castagne et de costumes hauts en couleur.

   L'aspect le plus réussi de cette série à mon sens, c'est le respect de l'atmosphère d'époque. La série est kitsch au possible, mais dans un sens positif du terme, que ce soit au niveau de la mode, où l'on retrouve l'esthétique de l'époque disco (on a l'impression de voir des clins d’œil à Fame ou Flashdance à certains moments de la série), mais aussi dans le choix de la caméra, qui donne un aspect fuligineux caractéristique de l'image que donne une cassette VHS, et contribue à immerger le spectateur dans cette époque très haute en couleur. Ces éléments combinés donnent l'impression, dans les scènes de catch de la série, de suivre un véritable show télévisé produit dans les années 80. Il n'y a qu'à regarder un extrait du pilot de la série originale, près de 40 ans séparent celle-ci de la série de Netflix, et on sent vraiment l'effort fourni pour que le show rende le meilleur hommage possible.

 
Opening theme of the original GLOW show

     Si vous cherchez un show à personnages, cette série ne risque pas de vous plaire. Ce n'est pas le genre de série qui est faite pour développer des personnages ou des relations entre ceux-ci, du moins ce n'est pas le but de cette première saison. Tout simplement parce que cette saison 1 est là pour nous montrer exclusivement les coulisses d'un show télévisé de catch féminin. Les actrices jouent le rôle de personnages qui jouent un rôle eux-même, c'est une mise en abyme du travail d'acteur.ice, et on ne peut tout simplement pas s'attacher à des personnages qui se cachent derrière un rôle. Cependant, j'aime beaucoup la dynamique des filles dans leur travail, elles rendent vraiment bien sur le ring, et le point positif, c'est qu'elles sont toutes très différentes les unes des autres. C'est la même réflexion que j'ai fait dans mon article sur Orange is the new Black, et ce n'est pas anodin : Jenji Kohan, la showrunner de cette dernière série, est productrice exécutive sur GLOW, et cela se sent quand on regarde le show, je n'ai absolument pas été étonnée quand j'ai eu l'information. 
   GLOW aborde également le thème de la misogynie et le sexisme dans le milieu du catch, notamment à travers le personnage de Sam, l'entraîneur des filles qui se montre particulièrement détestable dès le début de la série. Le problème que j'ai avec ce personnage, c'est que plus on avance dans la série, moins son personnage misogyne se fait caricatural et il se fait plus nuancé, mais pas dans ses opinions. On commence même à l'apprécier. Et ça m'embête un peu, car c'est la parfaite illustration du sexisme intériorisé : les filles voient bien qu'il les traite comme des personnes inférieures, mais elles finissent par laisser couler, et même par l'apprécier. Le souci, c'est que ce n'est pas évident que la série illustre le sexisme intériorisé et banalisé à travers ce personnage, et heureusement que les filles sont là pour montrer des modèles de femmes, chacune fortes à leur manière.


  
   GLOW met en lumière le travail en amont d'un show télévisé de catch, c'est-à-dire l'élaboration d'une histoire (oui, parce que le catch c'est pas juste des mecs ravagés du cigare qui se tapent sur la pomme), de préférence une histoire qui glorifie les Etats-Unis et gonfle l'ego des spectateurs ; l'apprentissage de figures de catch ; l'écriture de personnages très caricaturaux : le personnage de la mère américaine, celui de l'ennemie russe, celle qui vit sur les cotisations, etc... on se rend compte que le catch aux Etats-Unis est un vrai moyen d'un côté pour pointer du doigt ce qui ne fonctionne pas dans le paysage politique, social, économique américain, et dans le monde (d'ailleurs, beaucoup de catcheurs professionnels supportent des associations et autres organisations qui aident à enrayer l'analphabétisation dans le monde, ou supportent la recherche contre le cancer) mais paradoxalement, il cherche à conforter le spectateur moyen américain dans ses opinions (la Russie est l'ennemi, l'Américain est gentil).


   En définitive, GLOW est, très subjectivement, une des meilleures séries que Netflix ait produit jusqu'à aujourd'hui, mais même objectivement, il s'agit d'une excellente série. Elle mêle hommage à une véritable institution aux Etats-Unis, et messages forts de dénonciation sur de nombreux sujets de société très importants. C'est aussi une série très divertissante, avec une super B.O. d'ailleurs, en tous cas pour ceux qui adorent la musique des années 80 (personnellement j'ai Shazamé toutes les chansons), et le pilot est assez incroyable, c'est un des meilleurs à mon sens, toutes séries confondues. Cependant, c'est une série hyper référencée, si on n'apprécie pas le catch un minimum, ou même seulement les codes du catch, il vaut mieux passer son chemin. C'est donc une série que je ne conseillerais pas à tout le monde, mais je vous propose d'au moins essayer le pilot, très représentatif du reste de la saison.

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lundi 2 octobre 2017

L'évolution de la société anglaise d'après-guerre, avec Downton Abbey | Chronique Série

Titre original : Downton Abbey
Créée par : Julian Fellowes
Origine : Royaume-Uni
Genre : Série dramatique/Costume Drama
Première diffusion : 26 septembre 2010
Sur : ITV1
Vue en : VOSTFR, VO
S'étend sur : 6 saisons, 52 épisodes
Durée d'un épisode : 50 min environ, 1h30 pour les finaux
Statut : Terminée depuis le 25 décembre 2015
Avec : Hugh Bonneville, Elisabeth McGovern, Maggie Smith, Dan Stevens, Michelle Dockery, Laura Carmichael, Jessica Brown Findlay, Jim Carter, Penelope Wilton
   Résumé : On suit la vie de la famille Crawley et de leurs domestiques au manoir de Downton, dans le Yorkshire, entre le 15 avril 1912 et le 31 décembre 1925.
 
   Downton Abbey est une série qui se situe dans une suite logique de séries historiques comme les britanniques en font beaucoup, la série historique étant au Royaume-Uni ce que la série policière est aux Etats-Unis. Elle raconte l'histoire d'une famille aristocratique anglaise et de leurs domestiques, influencée par les différents grands évènements du début du XXè siècle qu'ils vont subir tout au long des six saisons qui constituent la série. Celle-ci débute au lendemain du naufrage du Titanic, à bord duquel se trouvait l'héritier du manoir de Downton, qui devait épouser Mary Crawley, la fille aînée de Lord Grantham, His Lordship. Panique à bord du vaisseau Crawley, s'ils ne marient pas leur fille aînée à l'héritier de Downton, la famille perd le titre de Comte, le domaine ainsi que leur fortune, tous trois indissociables. En plus de ça, deux années plus tard, la Première Guerre Mondiale est déclarée, modifiant à jamais les rapports que la haute bourgeoisie anglaise entretient avec les domestiques et autres travailleurs, mais aussi le rapport aux médias (télévision, cinéma, musique, radio,presse écrite, ...) de la société anglaise du début du XXè siècle.


   C'est ainsi, l'un des thèmes principaux de la série : l'évolution de la société anglaise d'après-guerre. En effet, elle illustre parfaitement le rapprochement de l'aristocratie avec la caste des travailleurs, que ce soit sur le champ de bataille, où les hommes venaient de tous horizons et de toutes classes sociales, mais aussi dans les campagnes, où les femmes de toutes castes sociales ont appris à manier le scalpel et le fil de suture, ainsi qu'à conduire, puisque les hommes ne sont plus là pour assumer toutes leurs tâches. Après la guerre, l'évolution de la société continue : les femmes s'émancipent de plus en plus, on en a une belle illustration avec le personnage de Sybil Crawley, véritable féministe et Suffragette de la série, ainsi qu'avec le personnage d'Edith Crawley, qui va prendre son essor telle une chenille qui se transforme en papillon.


   L'évolution de la société passe également par la fracture de la frontière entre aristocratie (que l'on appelle upstairs) et caste ouvrière (que l'on appelle downstairs) ; grâce au personnage de Tom Branson, chauffeur de la famille Crawley, nous avons une parfaite image de ce que peut représenter cette fracture d'après-guerre pour la société anglaise. 

   La série nous offre pas uniquement un point de vue positif sur l'évolution de la société anglaise d'après-guerre : en effet, celle-ci montre les points de vue des plus jeunes, notamment les enfants Crawley, mais également les plus jeunes domestiques, qui voient là une opportunité de gagner en liberté et libre-arbitre sur leur vie, mais également le point de vue des plus âgés, comme Lord Grantham, Lady Violet, ou encore Carson le majordome, qui voient cette évolution d'un mauvais œil car trop éloignée de la vie à laquelle ils sont habitués et qu'ils sentent qu'elle leur file entre les doigts.


   Downton Abbey est également l'occasion de découvrir certaines des plus belles histoires d'amour que la télévision ait pu nous offrir jusqu'ici. Grâce aux personnages de Mr. Bates et Anna, vous allez passer par toutes les émotions possibles et imaginables : la frustration, la joie, la colère, la tristesse, la joie de nouveau, leur couple est une montagne russes d'émotions en tous genres. La relation de Sybil et Tom est toute aussi belle, quoique teintée d'amertume en ce qui me concerne, mais ça, vous découvrirez pourquoi en visionnant la série. 

   Enfin, il faut dire quelque chose à propos de Downton Abbey. Si la série n'offrait pas une photographie magnifique, des scénarios très bien écrits, ainsi que des jeux d'acteurs remarquables, on se retrouverait vite devant Les Feux de l'amour. Downton Abbey, ce sont des grandes joies qui arrivent d'un seul coup, des grandes peines qui vous tombent brusquement sur les épaules, et ce, de manière plus ou moins aléatoire et brusquement. J'ai rarement passé un épisode sans pleurer et rire à la fois. Ce sont des grandes périodes de temps qui passent en quelques dizaines de minutes, je me souviens d'un épisode où on annonce une grossesse au début, et à la fin de l'épisode, la femme accouche. Seulement, c'est une série d'une grande qualité scénaristique, en ce qui concerne la réalisation, mais aussi la direction des acteurs, et c'est pourquoi Downton Abbey ne peut être qualifiée de soap opera, mais plutôt de costume drama.


   Downton Abbey est une série chère à mon coeur, c'est à mon avis une valeur sûre à conseiller à tout le monde. Elle se regarde très facilement, on s'attache et s'indentifie à tous les personnages à un moment où l'autre, je ne crois pas avoir vraiment détesté ne serait-ce qu'un personnage parce que la série ne nous renvoie pas une image biaisée de ceux-ci. Il n'est pas question d'y dire "les aristocrates sont méchants, les domestiques sont gentils", il y a des personnages malveillants et bienveillants upstairs comme downstairs, et on suit leurs aventures désastreuses ou bienheureuses. Downton Abbey est ce que j'appelle une série doudou, c'est-à-dire qu'elle fait du bien au corps et à l'esprit, elle est à consommer avec un bon thé anglais et des petits gâteaux, et ce, bien enroulé.e dans un bon plaid bien chaud.

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samedi 9 septembre 2017

A Song of Ice and Fire, tome 3 : A Feast For Crows

Auteur : George R. R. Martin

Edition : J'ai lu

Parution originale : 2010

Genre : Fantasy

Origine : Etats-Unis

Nombre de pages : 894
   Résumé : Sanguinaires, perfides et rusés, les Lannisters sont au pouvoir sur le Trône des Sept Couronnes au nom de leur fils, le jeune roi Tommen. La guerre à Westeros s'intensifie et s'aggrave, mais les conséquences amères de ses conflits redistribuent les pièces du jeu des trônes. Les familles Martell et Stark cherchent vengeance pour leurs morts. Euron l’œil-de-Choucas, qui est allé plus loin en mer que n'importe quel pirate, revient des ruines fumantes de l'Antique Valyria pour réclamer le Trône de Grès des Îles de Fer. Par delà le Nord glacé, où les Autres menacent le Mur, l'apprenti mestre Samwell Tarly apporte un mystérieux enfant à la Citadelle. Sur une toile de fond d'inceste et de fratricide, d'alchimie et de meurtres, la victoire ira aux hommes et femmes dont le cœur est aussi froid que le plus froid des aciers.
 "- Will the king and I have children ? She asked.
- Oh, aye. Six-and-ten for him, and three for you. Gold shall be their crowns, and gold their shrouds. And when the tears have drowned you, the valonqar shall wrap his hands about your pale white throat and choke the life from you." Maggy the Frog.

   En ce moment, je suis en pleine relecture de la saga A Song of Ice and Fire, comme chaque année au moment de la diffusion de la nouvelle saison de la série Game of Thrones qui me donne toujours envie de me replonger dans l'univers littéraire. Puisque je m'étais arrêtée au tome 3 en ce qui concerne mes chroniques sur le blog, je continue avec le tome 4 aujourd'hui.

   Le tome 4, ainsi que le tome 5, A Dance with Dragons, sont des tomes découpés de manière particulière : en effet, alors que l'auteur était en train d'écrire le livre qui devait suivre le tome 3, A Storm of Swords, il s'est rendu compte qu'il avait trop écrit pour un seul tome, ce qui est le comble pour un auteur. Au lieu de tout simplement couper le tome en deux parties égales par le milieu, George R. R. Martin a eu l'idée de couper son livre en fonction de la géographie de son univers : le tome 4, A Feast for Crows, concentre son intrigue sur le Sud de Westeros et les Cités Libres, et le tome 5, A Dance with Dragons, se passe essentiellement sur Essos, le Nord de Westeros et le Mur et au-delà. Ainsi, au lieu d'avoir la moitié de l'histoire de tous les personnages pour un tome, vous aurez la totalité de l'histoire d'une moitié des personnages sur un tome. Vous n'entendrez que très peu parler de Jon, Daenerys, Tyrion ou encore Theon dans A Feast for Crows, en revanche vous trouverez un nombre optimal de chapitres concernant Cersei, Jaime, Brienne, ou encore Sansa et Arya, et vous rencontrerez les personnages d'Arianne Martell et de Victarion Greyjoy. En bref, l'histoire que vous lirez dans les tomes 4 et 5 se déroule sur une même période chronologique, simultanément.

   Personnellement je ne suis pas super fan du système. J'aurais préféré que George R. R. Martin fasse comme avec A Storm of Swords et coupe l'histoire en deux, de façon à ce qu'on continue à voir tous les personnages dans chaque tome. Je trouve ce tome beaucoup plus inégal que les précédents. A Feast for Crows est un tome plus politique, moins dans l'action, ce qui fait que l'on s'ennuie assez souvent avec ce livre. Les questions de politique sont en effet assez rébarbatives à la lecture ; se plonger dans les litiges parlementaires entre King's Landing et Vivesaigues, le problème de régence à la gouvernance du Val d'Arryn ou encore les questions de succession sur le Trône de Grès des Îles de Fer sur des centaines de pages n'a rien d'attrayant. Le problème, c'est que ces sujets revêtent des questionnements qui seront importants pour la suite de la saga, et qu'il est important de comprendre maintenant ce qu'il s'y passe. Malheureusement, les chapitres qui m'ont le plus intéressée concernent des personnages que nous voyons peu dans ce tome : il s'agit de ceux d'Arianne Martell, de Brienne et de Sam. Ce sont les chapitres qui contiennent le plus d'action et d'avancement de l'histoire, les deux éléments qui gardent le lecteur captif de sa lecture. C'est pour cela que je préfère A Dance with Dragons, le tome suivant, parce que nous retrouvons enfin les personnages de Jon, Daenerys et Tyrion, qui sont les personnages qui offrent le plus d'action, en plus du fait qu'ils font partie de mes personnages préférés. 

   Pour faire une petite étude comparative avec la série : je ne suis, pour ne pas changer, pas de l'avis de ceux qui trouvent ennuyeux que les showrunners se soient éloignés des livres à partir du tome 4 et de la saison 5. J'aurais détesté voir dans la saison 5 de la série ce que j'ai lu en ce qui concerne les personnages de Jaime et de Sansa dans ce tome par exemple : cela n'aurait eu aucun intérêt cinématographique de filmer ce type d'intrigues et nous nous serions ennuyés devant notre écran (maintenant cela ne m'empêche pas d'être sensible au sort de Sansa dans la série). Bien que la saison 5 ait de sérieuses lacunes sur le plan scénaristique pour certains personnages (le massacre de l'intrigue de Dorne étant une honte par exemple) nous aurions eu bien plus à lui reprocher si elle avait été fidèle aux livres. Je trouve au contraire que les showrunners ont corrigé certaines longueurs des livres dans la série par ailleurs. 

   Pour conclure, je suis assez mitigée sur ce tome 4, ce n'est certainement pas mon préféré de la saga, même si celui-ci met en place une intrigue assez incroyable pour la suite, et promet un feu d'artifice (ou grégeois) pour tous les personnages de la saga. En tous cas, une chose est sûre : je n'aimerais pas être un personnage de livres confiée aux mains de George R. R. Martin.

dimanche 3 septembre 2017

La Passe-Miroir, tome 3 : La Mémoire de Babel

Auteure : Christelle Dabos
Edition : Gallimard
Parution originale : 2017
Genre : Fantasy, Jeunesse
Origine : France
Nombre de pages : 496
   Résumé : Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l'arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s'y rendre sous une fausse identité.


      Le troisième tome de La Passe-Miroir est le livre qu'il me tardait de tenir entre mes mains cette année, surtout après la fin que le tome 2 nous donnait, et qui nous laissait envisager une suite très prometteuse.
   Nous retrouvons Ophélie deux ans et demi après les évènements du Clairdelune : elle est retournée vivre de force sur Anima, surveillée par les Doyennes et sa famille qui l'empêchent de partir à la recherche de Thorn. Ce qui est sans compter sur ses amis du Pôle, Archibald, Gaëlle et Renard, qui ont toujours un tour dans leur sac pour aider la jeune fille. Ils vont l'aider à atteindre l'arche de Babel, sur laquelle Ophélie est pratiquement sûre que Thorn a atterri afin de dénicher l'indice permettant d'anéantir Dieu, et sur laquelle tout aurait apparemment commencé. Les deux jeunes gens se retrouvent alors de nouveau embarqués dans de grandes aventures, et surtout, dans les ennuis. 

   Ce que j'ai adoré dans ce tome-ci, c'est le changement radical d'atmosphère : Babel n'a rien à voir avec les arches du Pôle et d'Anima, déjà drastiquement différentes. Babel m'a fait penser, même si je n'y suis jamais allée moi-même, à des bazars et des souks des pays du Maghreb, à la première description. C'est très exotique, on sent de la surprise chez le personnage d'Ophélie quand elle arrive sur l'arche, car elle n'a jamais vu quelque chose de semblable dans sa vie, une sensation très agréable à la lecture.
   L'évolution se ressent également au niveau des personnages : en effet c'est normal que les personnages évoluent au fur et à mesure de l'avancement d'une histoire, mais Christelle Dabos sait très bien l'écrire : elle se fait progressivement, presque sans que le lecteur s'en rende compte, ce qui rend très plaisante la lecture de certains actes des personnages que l'on sait qu'ils auraient été incapables d'accomplir auparavant. Ophélie par exemple, se montre beaucoup plus curieuse et ne se cache plus comme elle le faisait avant, et Thorn se montre plus entreprenant (à sa propre façon) et ose poser des questions qu'il n'aurait peut-être pas eu "l'audace" de poser avant. Cela peut se mettre en corrélation avec le fait que leur relation les a changée, elle aussi. 

   L'univers qu'a créé Christelle Dabos s'étend encore et prend encore plus de profondeur. Toutes certitudes que nous avions sur cet univers se brisent, et l'on ronge notre frein en tournant les pages frénétiquement pour enfin connaître le fin mot de l'histoire. Ce que je déplorerais avec ce tome, mais seulement parce que je n'aime pas être totalement élogieuse dans mes critiques, c'est l'absence presque totale de certains des personnages que j'ai adoré dans les deux premiers tomes. Ophélie et Thorn rencontrent de nouveaux personnages très intéressants, mais les anciens manquent un peu, malgré quelques chapitres où nous les entr'apercevont.

   Pour conclure, je dirais que je suis assez époustouflée de voir que, malgré trois tomes déjà bien complets, la saga de La Passe-Miroir ne s'essouffle pas et même continue de nous étonner et de se développer. Si vous ne l'avez toujours pas commencée, je vous la conseille vivement, et sinon, foncez vous procurer ce troisième tome, vous ne le regretterez pas.

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