dimanche 22 mars 2020

Five Feet Apart

Auteurs : Rachael Lippincott, Tobias Iaconis et Mikki Daughtry
Edition : Albin Michel
Collection : ///
Parution : 29 mai 2019
Origine : Etats-Unis
Genre : Contemporain, Jeunesse
Nombre de pages : 306
ISBN : 978-2226441387
Résumé : Stella et Will sont deux adolescents atteints de la mucoviscidose. Mais quand l'une attend avec impatience sa greffe de poumons, l'autre ne peut même pas espérer avoir droit à l'opération. Car Will a aussi la bactérie B-cepacia, qui l'affaiblit toujours un peu plus chaque jour. Cependant, Will et Stella vont pouvoir vivre leur maladie un peu mieux, ensemble. À trois pas d'écart.
    En lisant la quatrième de couverture de ce roman, on pourrait penser à un remake un peu remanier de Nos Étoiles Contraires : l'histoire de deux adolescents atteints de la même maladie qui se rencontrent, s'apprivoisent et tombent amoureux, alors que le drame est suspendu tel une épée de Damoclès au dessus de leurs têtes. Cependant, même si le résumé de Five Feet Apart est très similaire au best-seller de John Green, l'histoire n'est cependant pas si convenue qu'elle n'y paraît de prime abord, et elle est de plus très intéressante.

   Ce qui m'a plu le plus dans ce roman, c'est le fait qu'il soit très bien renseigné sur la mucoviscidose, la maladie dont il est question dans l'histoire. Je fais partie de la génération qui était enfant lorsqu'on a découvert Grégory Lemarchal à la télévision et que sa maladie était encore inconnue, même de nom. Aujourd'hui, je pense que beaucoup de monde, au moins en France, connaît au moins ce nom, mais je ne suis pas persuadée qu'on sache tous encore comment la maladie se manifeste, ni même vraiment en quoi elle consiste, sinon qu'elle atteint les poumons. Il me semble que ce roman apporte quelques réponses à ces questions, et même plus encore. Savez-vous, par exemple, que deux personnes atteintes de la mucoviscidose ne peuvent pas s'approcher à plus de trois pas ? C'est une règle dont vous apprendrez la raison dans Five Feet Apart.

   Et cette règle est aussi la raison pour laquelle, pour moi, la lecture du roman a été aussi passionnante que frustrante. Les auteurs ont réussi le pari d'écrire une histoire d'amour entre les deux personnages sans que ceux-ci ne puissent se toucher. Aucune manifestation d'amour ne peut alors passer dans les gestes des personnages, tout passe par les paroles et leurs actes l'un pour l'autre, leurs pensées à propos de l'autre, ce qui rend la lecture de cette histoire d'autant plus forte. Mais aussi frustrante. Leur envie palpable de ne serait-ce que toucher la douceur des cheveux de l'autre entre ses doigts, sentir son parfum sur sa peau, enlacer l'autre, se fait ressentir à la lecture, on a le cœur qui bat fort et d'une manière douloureuse pour eux, et on aimerait qu'ils puissent effacer ces trois pas entre eux.

   Stella et Will sont deux personnages très touchants, et la façon dont leur relation évolue est très belle. On ressent la douleur de Will et sa désillusion de plein fouet, tandis que la détermination et la joie de vivre de Stella qui vient se mêler en contraste est galvanisante. D'ailleurs, il est intéressant de voir que, si les deux personnages ne peuvent se toucher ni s'approcher, leurs états d'esprit respectifs évoluent tellement au fur et à mesure du roman qu'ils semblent s'entremêler et qu'à la fin, chacun est méconnaissable car ils se sont influencés mutuellement.

   Five Feet Apart est un roman que vous allez dévorer, parce que l'histoire et les personnages sont passionnants, que l'écriture est fluide, et que vous allez aimer suivre ces personnages dans leur combat contre la maladie.

mercredi 18 mars 2020

En plein vol

Auteurs : Manon Fargetton - Jean-Christophe Tixier
Edition : Rageot
Collection : ///
Parution : 8 janvier 2020
Origine : France
Genre : Contemporain, Jeunesse
Nombre de pages : 283
ISBN : 978-2700263640
Résumé : Après les évènements de Quand vient la vague, Jules et Romane se rencontrent enfin en licence de psychologie à la Sorbonne. Et là, c'est le coup de foudre amical. Un coup de foudre violent, sans demi-mesure, à l'image de Jules, jeune homme idéaliste qui se donnerait corps et âme pour les plus nécessiteux. Romane, quant à elle, doit apprendre à trouver son essence, à apprivoiser son corps de femme qu'elle sent lui échapper de plus en plus. Les deux amis doivent faire face à leur avenir, déchu. Abattu en plein vol.

   Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier signent avec En Plein Vol le roman compagnon de Quand Vient La Vague, publié chez les éditions Rageot il y a maintenant deux ans. Nous suivons l'histoire de Romane et Jules, personnages secondaires qui deviennent principaux, fraîchement inscrits dans la même licence à l'Université de la Sorbonne à Paris. Les deux adolescents sont reliés par une amie commune, et qui a fait l'objet de toutes les péripéties du premier tome : Nina. En effet, c'est avec Jules que Nina a fuit de squats en squats, de Bordeaux à Paris, et la jeune fille est également la meilleure amie de Romane.
   Même si ce roman reprend les mêmes personnages que Quand Vient La Vague, Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier l'ont écrit de façon à ce que les deux tomes puissent se lire indépendamment l'un de l'autre. La première raison est que l'on suit une toute nouvelle histoire qui n'a pas grand-chose à voir avec les évènements du tome précédent ici, mais en plus, les deux auteurs rappellent régulièrement la situation initiale du premier volume tout au long du roman, ce qui fait que le lecteur qui commence sa lecture du diptyque par En Plein Vol ne sera perturbé que pendant quelques pages de sa lecture. Je conseille cependant de lire ce diptyque dans l'ordre adéquat.

   Ce roman donne la part belle aux invisibles de notre société : les SDF, les sans-papiers, les drogués, les prostitués... toutes ces personnes devant lesquelles la plupart d'entre nous, moi incluse, passons devant en tournant la tête, gênés, en tentant d'oublier leur présence, comme si le fait de les ignorer pouvait faire disparaître leur misère.
   Toutes ces personnes dont l'avenir a été abattu en plein vol.
   Les deux auteurs évitent de tomber dans l'écueil qui est de romantiser cette partie invisible de la société : ils la montrent telle quelle, sans en cacher les aspects hideux, mais sans pour autant faire de leurs personnages des martyrs. Ils sont très bien renseignés sur le sujet, donnent des noms d'associations, telle que Le Refuge ou Le Planning Familial, et n'hésitent pas à en donner quelques astuces (il est possible de recourir à un examen gynécologique via le Planning Familial par exemple), des missions de certains bénévoles, semant ainsi la graine dans l'esprit de leurs lecteurs afin de construire quelque chose de meilleur, de donner envie de s'investir, peut-être, ou de tout simplement mieux comprendre comment notre société fonctionne. J'ai beaucoup aimé ce côté engagé du roman, que ce soit dans cette cause, mais aussi dans la cause féministe, notamment à travers les personnages de Romane et Lila.

   Romane et Jules sont des personnages en or, on ne peut pas s'empêcher de s'attacher à eux et de vouloir leur réussite dans tous les domaines. J'ai versé une petite larme pour Romane, dont la sensibilité et les émotions transpirent à chaque page pour m'atteindre en plein cœur ; j'ai eu envie de secouer Jules et de lui dire de tout stopper, qu'il n'était pas invincible et qu'à vouloir vaincre tout seul, à refuser l'aide de quiconque, on ne peut que sombrer. Fanch est un soleil, et Lila une petite merveille.

   J'ai vraiment aimé tous ces personnages à leur niveau, je remercie Manon Fargetton et Jean-Christophe Tixier pour cette magnifique collaboration à deux plumes, et je suis vraiment heureuse de me dire que j'ai partagé un petit bout de l'histoire de Jules, Romane, Nina et Clément, sur les plages de Lacanau.

mercredi 26 juin 2019

한국어를 공부해요 : Apprendre le coréen



   Avec ce nouvel article, qui ne parle pas vraiment de livres (enfin, un peu quand même, vous verrez), j'ouvre un nouvel aspect de ce blog que j'aimerais explorer un peu. Vous connaissez bien ma passion pour les livres et les séries par ici, mais j'en ai deux autres plus ou moins liées dont je ne parle que peu souvent, et qui sont le voyage et l'apprentissage des langues. C'est pour cela d'ailleurs que vous pouvez retrouver des auteurs de tant de nationalités différentes sur ce blog, parce que même quand je lis, j'ai besoin de m'évader loin de la France, de sortir de mes frontières pour explorer le monde. 
   J'aime énormément apprendre des langues. Pour commencer, ça me donne la sensation d'avoir quelque chose de spécial, un don particulier (alors qu'il suffit de volonté, d'un peu de rigueur et de persévérance). Je trouve qu'il y a quelque chose de grisant à se dire que, plus on apprend des langues différentes, plus notre compréhension du monde et de ses habitants sera plus claire et plus facile, et plus grande sera notre connexion au monde et aux gens. 
   Pour ma part, je suis bilingue en anglais, je parle plutôt couramment espagnol, et j'ai commencé à apprendre l'italien, et le coréen. J'ai également envie d'apprendre plein de langues supplémentaires, telles le finnois, le norvégien, le suédois, le gaélique écossais, et le japonais, si j'ai la foi de m'attaquer à ce gros morceau.

   Aujourd'hui, comme cela m'a été demandé de nombreuses fois sur Twitter, je vais dans cet article vous parler de mon apprentissage du coréen, ainsi que de mes méthodes pour apprendre des langues en général.


Lire, parler, écouter, comprendre

   Je définis l'apprentissage d'une langue selon quatre grandes sections, qui sont : lire, parler, écouter, et comprendre. On ne peut pas apprendre une langue convenablement si on ne travaille pas ces quatre aspects de manière égale et approfondie. Parce que, si on ne se consacre qu'à l'apprentissage de la lecture par exemple, certes, vous serez capable de lire beaucoup de textes, mais si on vous parle, vous ne serez pas capable de comprendre car votre oreille ne sera pas familiarisée avec l'intonation des voix, l'endroit où l'accent tonique se fait, ni même la façon de prononcer les mots, car vous n'aurez pas adapté votre oreille à la langue. Pareil si vous n'apprenez la langue qu'en la parlant, ok, vous serez capable de vous exprimer, et probablement de comprendre quelqu'un qui vous parle, mais vous serez incapable de la lire et de l'écrire. Il faut donc travailler ces quatre aspects ensemble, et je vais vous expliquer comment je fais.

  La première chose à faire, avec une langue, et bien, c'est d'apprendre son alphabet. Même une langue utilisant l'alphabet latin peut présenter des différences, des lettres supplémentaires ou en moins par rapport à votre langue maternelle. En espagnol par exemple, avec le ll ou le rr, ou plus frappant, en allemand, avec la fameuse lettre ß. Mais alors en coréen, où l'alphabet est totalement différent du latin et même carrément spécifique à cette langue, il est d'autant plus primordial d'apprendre l'alphabet en tout premier lieu. Vous verrez que c'est ultra facile d'apprendre le hangeul 한글 (c'est le nom de cet alphabet). Inventé par le roi Sejong Dewang au XVè siècle, afin d'alphabétiser son pays, et en remplacement des hanjas chinois qui servaient d'approximation phonétique à la langue, il a pour particularité d'après ce dernier de pouvoir être appris "en une nuit pour le plus intelligent des hommes, et en une semaine pour le plus idiot" tellement il est simple.
Je vous laisse ce lien vers un site qui apprend très bien le hangeul en cliquant ici ou sur l'image suivante, c'est avec lui que j'ai appris pour ma part :

http://www.cours-coreen.fr/index.php?page=alphabet01

 Ensuite, entrons dans le cœur du sujet. La lecture. Il est important de beaucoup lire le coréen. Evitez, par pitié, de passer par la romanisation. La romanisation, c'est en quelque sorte la conversion de l'alphabet coréen en alphabet latin, de manière phonétique. Celle que vous retrouvez dans les vidéos lyrics de kpop sur Youtube par exemple. Ne l'utilisez pas. Je sais que la romanisation semble être une béquille confortable, une zone de confort, mais c'est surtout un vrai frein à l'apprentissage de la langue, pour deux raisons : la première, parce que la romanisation étant adaptée à la phonétique occidentale, elle est aussi bancale, et ainsi vous ne retiendrez jamais les subtilités phonétiques de la langue qui lui sont spécifiques. Il y a des sons dans le coréen qui n'existent qu'avec cette langue, voilà pourquoi il faut les apprendre. La deuxième raison, c'est que vous ne vous habituerez jamais à voir du coréen, à lire du coréen dans son propre alphabet, si vous passez constamment par la romanisation. Elle est donc à bannir de votre apprentissage dès lors que vous avez intégré le hangeul 안글.
   Pour ma part, je m'exerce tous les jours pendant 10 à 20 minutes en ouvrant une page au hasard sur Naver (le moteur de recherche coréen), en tapant un mot en coréen dans la barre de recherches, et je m'entraîne à lire la page. Si vous êtes fan de bande dessinée ou de webtoons, téléchargez l'appli Webtoon Naver sur votre téléphone. Vous trouverez le même contenu que sur l'appli en anglais, mais en coréen. Lire des BD en coréen, même sans comprendre, peut permettre d'aider à la compréhension grâce au contexte. Vous pouvez accéder aux deux sites en cliquant sur les images correspondantes ci-dessous.

https://comic.naver.com/index.nhnhttps://www.naver.com/

   Le but n'est cependant pas de comprendre ce que je lis ici, mais bien de réussir à fluidifier ma lecture, à m'habituer à lire l'alphabet et à le reconnaître du premier coup d’œil. Au début, vous lirez probablement deux lignes. C'est pas grave. Plus vous avancerez dans votre apprentissage, plus ce sera facile, et à la fin, vous lirez une page entière en 10 minutes. En fait, souvenez vous quand vous avez appris votre propre langue maternelle, comme il vous était difficile de déchiffrer les lettre, les syllabe, les mots ? Maintenant, vous lisez comme vous parlez, et ça fera la même chose avec le coréen si vous êtes rigoureux et persévérant.

   Pour ce qui est de l'écriture, je vous conseille de prendre un cahier d'écriture, encore une fois, comme au cours élémentaire, quand on a appris à tracer les lettres de notre alphabet. Cela va vous aider à mémoriser les lettres, pour commencer, mais aussi vous permettre de comprendre comment on les trace. J'utilise pour ma part le cahier d'écriture de la méthode Assimil, avec laquelle je me sens la plus à l'aise pour apprendre des langues (bien qu'elle ne soit pas complète, mais on en reparle dans la deuxième partie de cet article)


   Pour ce qui est de parler le coréen, c'est sans doute la partie la plus difficile de l'apprentissage lorsqu'on est en autodidacte, parce qu'on est bien souvent seul, et parler seul, c'est pas facile. le mieux est de vous trouver un partenaire ou un penpal, que ce soit dans votre entourage qui, par miracle, apprendrait aussi le coréen, soit en vous enquérant sur Internet pour trouver quelqu'un avec qui faire des sessions Skype pour travailler la langue à l'oral. Certains sites et application, tels Interpals et HelloTalk (cliquez ici et pour y accéder) peuvent permettre de trouver des personnes pareilles, mais attention si vous êtes une fille malheureusement, certains prennent ces sites comme des sites de rencontres. Vous avez également des applications pour mobile, comme Memrise ou Duolingo, qui peuvent permettre de travailler un peu l'oral.

Enfin. Écouter et comprendre. Deux parties intrinsèquement liées. Et c'est probablement là que vous allez trouver tout le fun de l'étude de la langue. L'écoute peut se faire via un CD audio que vous pouvez trouvez dans tout manuel ou coffret de langue, mais elle peut également se faire par le biais culturel. En effet, pour moi, la meilleure façon de pratiquer l'écoute et la compréhension orale, c'est de passer par le visionnage de films/séries dans la langue que vous souhaitez étudier, de reportages, de documentaires, l'écoute de chansons, de podcasts. Vous pouvez retrouver en streaming, mais aussi sur Netflix, nombre de dramas coréens, de films coréens, qui sont aussi intéressants qu'ils vous permettront de pratiquer la compréhension orale. Au début, ça va vite, vous êtes perdus, vous vous concentrez sur les sous-titres. C'est normal. Mais au fur et à mesure, et si vous êtes sérieux, vous allez finir par vous rendre compte que vous percevez des mots que vous connaissez, que vous avez déjà rencontrés, vous allez commencer à comprendre le contexte, et vous allez petit à petit moins vous concentrer sur les sous-titres et finir par comprendre par vous-même.
   Voici 6 dramas que j'ai aimé et qui se trouvent sur Netflix si vous ne savez pas par où commencer :

- Empress Ki : Seugnang est une femme de Goryo qui va devenir impératrice. On suit ses batailles et ses romances, et c'est un drama historique.

- Hwarang : Encore un drama historique, qui se passe à l'époque des Trois Royaumes, où l'on suit un groupe d'homme destinés à devenir l'élite civile et militaire de la Corée, les hwarangs.

- She Was Pretty : On suit Hyejin, une jeune femme qui était très jolie quand elle était petite, mais a perdu de sa beauté en grandissant. Elle rencontre de nouveau quinze ans plus tard son meilleur ami de l'époque, qui n'était pas très beau, et qui est devenu magnifique.

- Kingdom (attention aux âmes sensibles, y a des zombies) : On suit le Prince héritier de Joseon, qui découvre une étrange épidémie et doit protéger son peuple de la menace.

- W : Yeonju est interne en chirurgie cardiaque, et la fille du célèbre dessinateur du webtoon W. Le jour où son père tente de mettre un terme aux aventures de son héros, celle-ci est aspirée dans le webtoon et change considérablement le cours des choses.


- Dream High : On suit une classe de trainees qui s'entraînent pour intégrer des agences de kpop et monter leur carrière.


Quelques fournitures importantes

Bon, je vous ai donné un peu plus tôt des méthodes plus ou moins gratuites pour apprendre la langue, mais, et c'est mon opinion, je pense tout de même qu'il est important d'investir dans des livres pour apprendre une langue. Alors je vous laisse ici les fournitures que j'utilise pour apprendre le coréen. Je précise qu'il n'y a pas de partenariat avec la méthode Assimil, c'est seulement que c'est la méthode que j'ai choisie, et que j'ai donc pris la majorité des fournitures de cette méthode pour que mon apprentissage soit le plus efficace possible. Cependant, cette méthode est incomplète et demande à être utilisée avec d'autres livre. Voici donc ce que j'utilise :


- 2 cahiers et un répertoire
Deux cahiers, pourquoi ? Pour séparer les exercices des leçons. C'est ma façon de travailler, si vous préférez mettre vos exercices à la suite de vos leçons, faites ainsi. Mais le répertoire est important pour noter les particules que vous apprenez, et un peu de vocabulaire.

- Un livre de leçons de la méthode Assimil
C'est l'objet principal que j'utilise, c'est là que j'ai toutes mes leçons et la plupart de mes exercices, et c'est avec ça que j'avance le plus dans mon apprentissage.







- Un cahier d'écriture de la méthode Assimil
Je l'ai mentionné tout à l'heure, mais un cahier d'écriture est essentiel pour moi pour apprendre à écrire le coréen, car c'est un alphabet très différent du nôtre, il faut donc comprendre comment tracer les lettres, dans quel sens, comment construire les syllabes. Celui-ci est plutôt assez explicite, donc je vous le recommande.
   Cependant, il est aussi possible d'apprendre à tracer les lettres en copiant des paroles de chansons. Ça permet d'allier lecture, écriture et compréhension écrite. J'ai moi-même des cahiers entiers de paroles de chansons en coréen.






- Un CD audio et un livre de conversation de la méthode Assimil
    Comme je le disais plus tôt, le CD audio est pas mal pour maîtriser la compréhension orale, mais vous pouvez également passer par le visionnage de dramas et films. Son utilisation est à mon sens facultatif. En revanche, le coffret est accompagné d'un livret de conversation qui permet d'aider à fluidifier la parole dans une conversation du quotidien.








 - Un dictionnaire anglais-coréen/coréen-anglais
    Par contre, celui-ci est indispensable à l'apprentissage d'une langue, le dictionnaire. Il permet à tout instant de vérifier la signification d'un mot et de le retenir. Malheureusement, il n'en existe pas de bon qui traduise le coréen au français et le français au coréen, il en existe uniquement en anglais. Moi j'utilise celui-ci, c'est un dictionnaire tout ce qu'il y a de plus classique, le seul reproche que j'ai à lui faire c'est qu'il utilise la romanisation.










- Un livre de conjugaison
    Et enfin, un livre de conjugaison. Tout aussi essentiel, surtout que la conjugaison en coréen est particulièrement spécifique. Celui-ci est très bien construit je trouve, il sépare bien comme il faut les verbes d'action des verbes d'état, et use de tableaux pour répertorier les conjugaisons en fonction des niveaux de langage du coréen, afin de bien tout séparer dans sa tête.


 

 

 

Pour conclure...

   Voilà, je pense avoir fait le tour de la question, mais s'il vous reste encore des doutes, n'hésitez pas à me les confier sous cet article en commentaires, ou dans mes DM sur Twitter qui sont toujours ouverts. Le dernier conseil que je peux vous donner, c'est de prendre votre temps et ne pas vous précipiter. Le coréen est une langue agglutinante, ce qui est un système de langue très bizarre surtout pour les occidentaux. Nous avons l'habitude d'utiliser des groupes de mots, certaines langues usent de déclinaisons, mais il est rare de voir une langue qui base son fonctionnement sur les particules, et les niveaux de langage d'une façon aussi accrue. Prenez votre temps pour comprendre, analyser, pour vous imprégner de la langue, et vous verrez que vous y arriverez. 
   Je vous remercie de m'avoir lu, je vous avoue que cet article m'a demandé pas mal de temps car je voulais être la plus exhaustive possible sur le sujet afin de vous aider au mieux !


samedi 15 juin 2019

Demian

Auteur : Hermann Hesse
Edition : Stock
Collection : Le Livre de Poche
Parution originale : 1979
Origine : Suisse
Genre : Classique, Philosophie, Roman Initiatique
Nombre de pages : 186
ISBN : 978-2253022916
   Résumé : Demian est le roman d'une adolescence, roman d'initiation, de formation, et l'un des chefs-d'oeuvre du genre. Le sous-titre est : Histoire de la jeunesse d'Emile Sinclair. Demian enseigne à Emile Sinclair à ne pas suivre l'exemple de ses parents, à se révolter pour se trouver, à s'exposer à la fois au divin et au démoniaque, à traverser le chaos pour mériter l'accomplissement de sa destinée propre.

    Si je devais faire un classement de mes romans préférés, Demian serait dans mon Top 5. C'est un roman qui me suit depuis mon entrée au lycée, il y a... bientôt 10 ans. Wow. Je l'ai d'abord rejeté, étant assez difficile à comprendre parce que très philosophique, il a fini par aider à construire la personne que je suis aujourd'hui. Je l'ai relu récemment car je ne me souvenais pas de certains détails, et voici donc mes réflexions par rapport à ce roman.
   Le sous-titre de ce roman est Histoire de la jeunesse d'Emile Sinclair. Et c'est exactement ce dont il parle. Il raconte l'histoire de Sinclair, jeune garçon docile, issu d'une famille très pieuse, toujours tournée vers "le monde de la lumière", comme il aime à l'appeler. Cependant, un jour, à l'école, alors que Sinclair était racketté par un de ses camarades, celui-ci rencontre Max Demian, un jeune homme un peu plus âgé que lui, qui va le débarrasser de son harceleur. Le roman est ponctué des rencontres et des conversations entre Sinclair et Demian, qui va lui apprendre à "goûter" aux deux mondes, celui de la lumière, et celui des ténèbres ; à s'écarter du chemin de ses parents, se révolter, déployer ses ailes et quitter le nid, afin de trouver sa propre voie, pour devenir celui qu'il doit être en tant qu'individu. Il va lui apprendre à grandir, tout simplement.

   Demian est donc un roman initiatique, dans lequel on suit le personnage de Sinclair, depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte, ses expériences, ses doutes, ses peines. Comme Hermann Hesse aime à le dire, il nous offre avec ce roman la vie d'un homme qui a pleinement vécu : "Mon histoire est pour moi plus importante que pour n’importe quel écrivain la sienne, car elle m’appartient en propre, et elle est l’histoire d’un homme, non pas inventé, idéal, n’existant pas en dehors du livre, mais d’un homme qui, une fois, a vécu réellement." Le roman a aussi un côté fantastique, car on ne sait pas si Demian est un personnage doté de pouvoirs ou non, surnaturel ou ordinaire, ni même s'il existe vraiment, ou s'il s'agit d'une voix dans la tête de Sinclair. C'est ce qui rend ce roman captivant, et qui fait que nous sommes attirés par Demian, il se fait le tentateur, le serpent dans le jardin d'Eden qui nous enjoint à croquer le fruit de la connaissance, celui qui détourne notre regard des ombres de la Caverne, vers le chemin de la lumière et du savoir, et nous libère des chaînes de l'illusion.
   C'est un roman petit par sa taille, mais grand par les moments de réflexion qu'il nous offre. A sa lecture, on se sent tout petit face au monde sur lequel il nous ouvre les yeux, face aux pistes de réflexion qu'il nous offre, et dont on a du mal parfois à saisir pleinement le bout. Outre les pistes philosophiques, le roman fait une grande critique de la religion également, il y a une dimension biblique.
   Demian est un roman qui m'a construite et continue de le faire, car je suis le genre de personne constamment noyée et perdue dans tout ce que je dois faire dans ma vie. J'ai envie de faire plein de choses. J'ai envie de voyager, de changer de coupe de cheveux, de trouver l'amour, de me faire percer un deuxième trou aux lobes d'oreilles, de teindre mes cheveux en violet, m'en lasser et revenir à ma couleur d'origine. Je veux être libraire, autrice, comédienne, actrice, dessinatrice, éditrice, toutes ces choses à la fois et en même temps j'ai peur. Je ne sais jamais quel est le bon choix dans ma vie. Ce roman m'apprends qu'il n'y a pas de bons choix, il y a le chemin que l'on décide de prendre, et il faut être bien équipé pour le terrain qu'on choisit sinon on se casse la jambe. Mais tu ne peux savoir si tu es bien équipé que si tu t'engages sur ce chemin. C'est là la réalité de la vie ; tu dois déployer tes ailes, et faire attention à ne pas monter trop près du soleil.

   Mon amour pour ce roman s'est d'autant plus amplifié quand j'ai découvert qu'il servait de support de base à l'album d'un de mes groupes de musique favoris, BTS (방탄소년단), l'autre amour de ma vie avec la littérature. En effet, Demian étant l'un des romans favoris du leader du groupe, Kim Namjoon, celui-ci s'en inspire grandement pour ce qui est des paroles des chansons de leur album Wings, qui a pour thème la jeunesse et le passage à l'âge adulte, mais aussi pour les différents clips issus de cet album, dans lesquels Namjoon incorpore des citations qu'on l'entend lui même déclamer en anglais, mais aussi dans la symbolique des clips susnommés (notamment celui de Blood, Sweat and Tears). L'utilisation de ce roman par BTS a scellé mon amour pour ce groupe, et a encore augmenté celui que j'avais pour le roman.

   En définitive, Demian est, à mon sens, un roman absolument génial. Difficile à aborder au premier abord, mais il vaut le coup, et je pense que toute personne en quête d'identité et de soi devrait pouvoir le découvrir. Quête initiatique avec un soupçon de surnaturel en toile de fond, cela fait de Demian un beau classique original de la littérature suisse.

https://buffyslibrary.blogspot.fr/search/label/Coup%20de%20c%C5%93ur

samedi 1 juin 2019

L'épouvanteur, tome 3 : Le secret de l'épouvanteur

Auteur : Joseph Delaney
Edition : Bayard
Collection : Jeunesse
Parution originale : Juillet 2006
Genre : Epouvante, Fantasy, Jeunesse
Origine : Royaume-Uni
Nombre de pages : 372
ISBN : 9782747017237
Résumé : Alors que le froid se fait plus vif, l'Epouvanteur reçoit un message qui semble grandement le perturber. Il décide aussitôt de quitter Chipenden pour se rendre dans sa maison d'hiver, à Anglezarke. La vieille demeure est lugubre : dans les profondeurs obscures de ses caves sont enfermées des sorcières et des gobelins. Quant au mystérieux auteur de la lettre, qui rôde dans les parages, il se révèle être l'ennemi juré de John Gregory. Au cours de longs mois d'hiver, Tom découvre peu à peu le passé caché de son maître. L'Epouvanteur doit-il payer le prix de ses erreurs de jeunesse ? Lorsque certains secrets qu'il a toujours dissimulés, seront finalement dévoilés, Tom va se trouver en grand danger...
   Cela faisait longtemps que nous avions laissé en suspens les aventures de Tom Ward, de l'Epouvanteur et d'Alice, alors revenons un peu sur leur histoire. Alors que l'Epouvanteur accepte à contrecœur d'abriter Alice, la sorcière amie de Tom, à Chipenden, puisque celle-ci n'a plus de famille auprès de laquelle se réfugier, celui-ci reçoit une mystérieuse missive, de la part d'un personnage qui l'est tout autant. Cela précipite le départ des trois compagnons pour la demeure d'hiver de l'Epouvanteur, dans laquelle Tom va découvrir l'un des plus sombres secrets de son précepteur.
   Ce tome était parfait pour la période à laquelle je l'ai lu, en plein été, il apportait un vent de fraîcheur dans la chaleur d'août.

   J'ai trouvé ce tome encore plus sombre que les deux précédents. Pas forcément parce qu'il se passe pendant l'hiver, la période où la frontière entre le monde des vivants et le monde des forces maléfiques s'amincit le plus, mais surtout parce que, la menace cette fois-ci, vient de l'intérieur de la demeure de l'Epouvanteur, et touche aussi les personnages dans leur subjectivité la plus pure. En effet, l'Epouvanteur garde enfermée dans la cave une sorcière parfaitement terrifiante, mais également l'amour de sa vie, Meg, celle qu'il mentionne dans le tome précédent. Elles sont toutes deux des sorcières lamia, des créatures couvertes d'écailles, dont la particularité est qu'elles peuvent être domestiquées, et ainsi prendre apparence humaine. Jusqu'à ce qu'elles se rappellent qui elles sont, et retrouvent la soif de sang. John Gregory a pris le risque, à cause de son amour pour Meg, de la laisser en liberté dans la maison, lui administrant plusieurs fois par jour une tisane qui la fait dormir et la rend inoffensive. On touche ici à la faiblesse de l'Epouvanteur, qui le pousse à mettre en danger son apprenti. Ainsi, l'auteur rajoute du relief à ses personnages, on connaît de mieux en mieux M. Gregory, personnage taciturne qui ne se dévoile pas si facilement.
   Si la première partie du roman est assez contemplative, la seconde est en revanche bourrée d'action. Entre une partie en huis-clos dans la maison, une histoire de pratiques occultes, la tragédie qu'est l'histoire d'amour de Meg et John Gregory, tous ces éléments font de ce roman un très bon tome, et néanmoins un tome de transition vers de nouveaux horizons, de nouvelles aventures, une redistribution des cartes et du monde que propose Joseph Delaney. C'est vraiment une très bonne œuvre pour la jeunesse, bien que la grande naïveté dont fait souvent preuve Tom commence à me lasser, c'est une facilité d'écriture que se permet l'auteur pour créer des péripéties, mais que l'on lui excuse à cause de l'âge de son héros. J'espère cependant voir ce trait de personnalité évoluer chez ce personnage.

   En définitive, ce troisième tome de L'Epouvanteur est toujours aussi bon, on sent qu'il s'agit d'un tome de transition et que les deux premiers n'étaient qu'une introduction à un univers plus grand et complexe, mais il est bien mené. J'attends de voir avec la suite, dont j'ai déjà acheté les deux prochains tomes.


samedi 25 mai 2019

Le Dompteur d'Avalanches

Autrice : Margot Delorme
Edition : Les Moutons Électriques
Collection : La Bibliothèque Voltaïque 
Parution originale : Août 2018
Origine : France
Genre : Fantasy
Nombre de pages : 215 
ISBN : 9782361835057
   Résumé : Ditto, quatorze ans, tient lieu de guide à des excursionnistes venus des plaines. Un jour, lors de l’attaque d’un monstre des cimes, il se découvre un don pour déclencher avalanches, coulées et crues. Un don puissant.

Or les écouleurs sont craints et haïs par les montagnards. Bientôt, Ditto se retrouve dans la peau d’un paria et contraint à la fuite. En compagnie d’amis inattendus , il va demander son aide à la Lorlaïe, la nymphe du grand glacier.

Mais le marché que lui propose cette dernière lui paraît inacceptable…
   Premier roman de la maison d'édition Les Moutons Electriques que je lisais l'été dernier, je me suis laissée séduire par une couverture qui laissait présager une histoire inspirée du travail d'Hayao Miyazaki, et un résumé aux inspirations clairement empruntées à la culture japonaise.
   Nous rencontrons dans ce roman le personnage de Ditto, un jeune garçon guide dans les montagnes. Alors qu'un monstre des cimes apparaît un jour dans le ciel, détruisant tout sur son passage, Ditto découvre son don pour déclencher des avalanches. De ce fait, Ditto devient le garçon le plus craint de tout le village, et, forcé à fuir, se retrouve poussé en marge de la société. accompagné d'une marmotte et d'un caracal qui parlent, il va devoir effectuer un périple pour demander de l'aide aux dieux des glaciers.

   Si le décor de cette histoire est originale (je n'ai personnellement jamais lu de roman de fantasy se passant à la montagne), j'ai cependant trouvé l'intrigue trop lisse. Notamment en ce qui concerne le pouvoir de Ditto, absolument surpuissant, et qu'il n'a aucun mal à utiliser. Pourtant, il ne le découvre qu'au début du roman, et il ne semble donc pas vraisemblable que le personnage puisse maîtriser son don en si peu de temps. J'aurais aimé le voir échouer au début, pour peu à peu qu'il devienne surpuissant, que l'on sent qu'il acquiert en expérience. Or, l'autrice nous offre un personnage, ordinaire dans les premières pages, qui devient invincible d'un seul coup, ce qui offre quelques facilités d'écriture.
   Cependant, j'ai adoré les personnages, surtout celui d'Etincelle, le caracal que Ditto rencontre en cours de route. Il m'a fait penser à un mélange de Diego dans L'Âge de Glace et Aslan dans Le Monde de Narnia, deux personnages que j'apprécie déjà beaucoup dans leurs univers respectifs. On sent que l'autrice est une amoureuse de la fantasy, car l'intertextualité avec de nombreuses œuvres de fantasy est évidente. L'emprunt aux vieilles croyances japonaises est également omniprésent, notamment avec la présence d'esprits de la nature, que ce soit de la forêt ou de la montagne. C'est un univers apaisant que propose Margot Delorme, et c'est par l'utilisation de termes spécifiques de la montagne qu'elle inscrit son intrigue dans une réalité crue.

   En définitive, et malgré une intrigue assez convenue, je me suis vraiment laissée emportée par cet univers. J'avais des images de Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro, et encore d'autres films d'animation des studios Ghibli dans la tête, et je remercie donc l'autrice pour ce voyage. C'est, dans tout ce qui entoure l'univers que dépeint Margot Delorme, un roman assez original, qui ravira sans doute les amateur de culture japonaise et de fantasy.

    

samedi 18 mai 2019

Crazy Rich à Singapour

Auteur : Kevin Kwan
Edition : Albin Michel
Collection : ///
Parution originale : Avril 2015
Origine : Singapour
Genre : Contemporain
Nombre de pages : 522
ISBN : 9780804171588
   Résumé : Lorsque Rachel Chu débarque à Singapour au bras du délicieux Nicholas Young pour assister au mariage du meilleur ami du jeune homme, elle pense juste passer d’agréables vacances en amoureux. Mais Nick a omis de mentionner quelques petits détails… Sa maison familiale est un véritable palais, il est plus accoutumé aux jets privés qu’aux voitures, et surtout, il est l’héritier le plus convoité de toute l’Asie. Quant au mariage, c’est tout bonnement LE mariage de l’année ! Le séjour de Rachel à Singapour tourne au parcours du combattant, où aucune avanie ne lui sera épargnée. Sans parler de Madame-Mère, bien décidée à écarter définitivement la jeune professeur d’un monde auquel elle n’appartient visiblement pas…
   J'ai découvert ce roman l'an dernier grâce à mon amie Véro, qui tenait autrefois le blog Les Revues de Wéro, mais a vogué vers d'autre têtes de gondoles cieux, grâce à la chaîne Youtube La Mécanique des livres avec d'autres amis, grâce à l'adaptation du livre en film au mois d'août dernier au Etats-Unis.
   Ce livre est le premier tome d'une saga chorale, c'est à dire qui suit le point de vue de plusieurs personnages. Néanmoins, les personnages de Rachel Chu et de Nicholas Young sont ceux qui déclenchent l'histoire. En effet, quand Rachel accepte la proposition de Nick de l'accompagner au mariage de son meilleur ami à Singapour, celle-ci n'imaginait pas à quel point elle s'est enferrée dans les ennuis jusqu'au cou. Car Nick fait partie d'une des familles les plus riches de l'île asiatique, voire du monde, et est de ce fait le parti le plus convoité de Singapour. Le séjour de Rachel ne sera pas de tous repos, car elle va devoir faire face au mépris de la famille de Nick qui considère qu'elle ne le mérite pas, à la jalousie des jeunes femmes célibataires, et elle va se retrouver confrontée à la frontière qui se trace entre les Asiatiques du continent, et les Asiatiques partis d'Asie.

   Vous trouvez que cette description correspond beaucoup à une certaine série américaine répondant au titre de Gossip Girl ? Crazy Rich à Singapour pousse le concept encore plus loin. Kevin Kwan, auteur d'origine singapourienne, connaît le milieu sur lequel il écrit, car il a navigué dans ces hautes sphères, nous pouvons donc considérer cette série comme étant une satire de la société de Singapour aujourd'hui. Les familles sur lesquelles ils écrit font pratiquement partie de la royauté, elles se construisent comme des dynasties, et les problèmes auxquels font face les membres sont d'ordre politique. Rachel Chu ne s'attendait pas à cela lorsqu'elle arrive à Singapour, en pensant passer un mois tranquille avec son copain pendant ses vacances de l'Université dans laquelle elle enseigne aux Etats-Unis.  C'est un roman qui montre l'extravagance poussée à l'extrême, et malheureusement, n'exagère pas lorsqu'il décrit ce que peut acheter l'argent lorsqu'on en a à outrance, et ce qu'il peut faire entre de bonnes mains, mais aussi entre de vicieuses.
   Crazy Rich à Singapour est un roman qu'il faut lire loin de toute source de nourriture, si vous souhaitez garder votre ligne. Parce que la nourriture y est omniprésente, l'auteur y décrivant toutes sortes de plats asiatiques avec moult détails. C'est une occasion qu'offre l'auteur de découvrir un peu de la culture culinaire de Singapour. Par cet aspect, mais également par le fait qu'il introduit également de nombreux mots de mandarin dans le texte, Kevin Kwan nous immerge totalement dans son histoire.
   Enfin, Kevin Kwan aborde également un autre sujet, et c'est le rejet des Asiatiques qui sont partis d'Asie, par ceux qui sont restés. Kevin Kwan nous montre que la société asiatique rejette ceux d'entre eux qui se sont exilés en Amérique par exemple, prétextant qu'ils se sont trop occidentalisés. Alors qu'ils subissent le racisme dans le pays qu'ils ont choisi, ils subissent également le mépris et le rejet dans le pays dans lequel ils trouvent leurs racines. C'est ce qui arrive à Rachel, née en Chine, mais qui a dû s'exiler avec sa mère en Amérique alors que la jeune femme n'était qu'un bébé, et à travers le prisme de sa perception, l'auteur aborde ce sujet avec justesse, étant lui-même sino-américain.

   Comme je l'ai noté plus tôt, Crazy Rich à Singapour est une trilogie chorale, et donc nous y retrouvons de nombreux personnages. Mon favori reste celui d'Alice. J'adorerais, comme elle, avec la fortune qu'elle possède, pouvoir faire les boutiques dans le monde entier, sans me soucier de l'état de mon compte en banque. Elle est géniale, a une super répartie, mais la pauvre a beaucoup de problèmes de couple, et ce, dès le début du roman, on a donc beaucoup d'empathie pour elle.

   Pour finir, je dirais que Crazy Rich à Singapour est une étonnante découverte pour moi, surtout de la part des éditions Albin Michel, chez lesquelles j'ai du mal à trouver mon bonheur habituellement. J'ai commencé ma chronique ainsi, et je termine également avec cette information : le roman a été adapté en film à Hollywood l'été dernier, avec un casting intégralement composé d'acteurs asiatique, ce qui constitue une très agréable nouvelle de la part de la plus grosse entreprise du cinéma occidental dans le monde. Je déplore cependant les efforts très peu fournis de la part de la France pour diffuser le film comme il se doit dans ses salles de cinéma, ayant repoussé la diffusion de plusieurs semaines par rapport aux Etats-Unis, ce qui a sans doute encouragé le visionnage du film en streaming, l'invisibilisant quelques peu aux yeux du public français. Je vous invite à aller le voir, il retranscrit assez bien le roman, et constitue une bonne adaptation du livre.

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