dimanche 20 janvier 2019

La Dénonciation

Auteur : Bandi 
Edition : Picquier 
Collection : Littérature 
Parution originale : 2016 
Genre : Témoignage, Nouvelles 
Origine : Corée du Nord 
Nombre de pages : 244
   Résumé : Bandi, qui signifie "luciole", est le pseudonyme d'un écrivain qui vit en Corée du Nord. Après bien des péripéties, dissimulés dans des livres de propagande communistes, ses manuscrits ont franchi la frontière interdite pour être publiés en Corée du sud. Mais pas leur auteur. Bandi a choisi de rester, lui qui se veut le porte-parole de ses concitoyens réduits au silence. Ses récits où s'expriment son émotion et sa révolte dévoilent le quotidien de gens ordinaires dans une société où règnent la faim, l'arbitraire, la persécution et le mensonge, mais aussi l'entraide, la solidarité, et l'espoir, chez ceux qui souffrent. Des récits d'une grande humanité, et l'ouvre d'un authentique écrivain.
    "Rappelez-vous l'œuvre dystopique la plus atroce que vous ayez lu dans votre vie. Pensez-y fort. Ce recueil est la pire de toutes, car elle est réelle." Ces mots sont ceux que je poserais sur le coup de cœur que je collerais sur ce livre au boulot, tant ce livre m'a bouleversée.
   En effet, ce recueil de nouvelles est l’œuvre de toute la vie d'un auteur nord-coréen répondant au nom de Bandi, qui a passé une grande partie de sa vie à récolter les témoignages de vie de ses compatriotes qui lui ont inspiré ces nouvelles. Celles-ci nous sont parvenues hors de Corée du Nord en passant la frontière avec la Chine, entre les pages de livres communistes. Mais l'auteur a décidé de rester alors qu'il avait l'occasion de partir à son tour, afin de continuer à dénoncer l'injustice et la misère de son pays.
   Le pacte de lecture passé avec cette œuvre et son auteur nous certifiant que les histoires que nous allons découvrir sont réelles, la lecture en a été d'autant plus éprouvante et bouleversante, mais néanmoins nécessaire pour quiconque souhaite en savoir plus sur les deux Corées et leur histoire. D'autant plus qu'il est difficile de trouver le moindre contenu véridique à propos de la Corée du Nord, et surtout provenant d'un auteur qui y vit.

   Chaque histoire propose une situation différente, et il est difficile, pour nous qui vivons une vie relativement simple et libre, de se dire que ces situations ont été vécues et sont encore vécues, quelque part, dans le monde, alors qu'elles ressemblent à des scènes orwelliennes. Par exemple, dans une nouvelle, nous nous retrouvons plongés dans la vie d'une petite famille avec un enfant en bas âge, au moment d'un grand évènement en l'honneur de Kim Il Sung, le "Grand Leader" en vigueur de l'époque. Le problème, c'est que le bébé a peur du portrait du Leader accroché devant les fenêtres de l'appartement, et que la mère se retrouve obligée de fermer les rideaux blancs distribués à l'occasion de l'évènement pour préserver l'enfant. Elle se fait alors réprimander par la responsable du quartier (oui, en Corée du Nord, il y a des responsables de quartier qui surveillent vos moindres faits et gestes, "Big Brother is watching you" c'est pas de la fiction là-bas) et est suspectée d'envoyer un message à des espions, puisque son comportement diffère des autres résidents. Je vous laisse sur ça pour pas vous spoiler la nouvelle, mais cela vous donne un exemple du type de situations rencontrées dans le recueil, et vous laisse présumer du pétrin dans lequel elle s'est mise pour cette simple action.

   Le truc, avec ce recueil de nouvelles, c'est que chaque petite histoire ressemble à une œuvre d'anticipation dystopique, mais en sachant que ce que vous lisez est réel, c'est à double tranchant à mon avis : soit vous réussissez à le prendre comme tel, vous pouvez avoir ce réflexe de suspension de l'incrédulité qui se produit chez le lecteur quand le pacte de lecture annoncé assure que l'histoire est fictive et donc vous retrancher derrière une barrière pour vous protéger de votre lecture, et ainsi l'aborder sereinement ; soit, comme moi, le pacte de lecture passé avec l'auteur a une vraie influence sur vous et fonctionne ici comme lorsque vous lisez une biographie ou une autobiographie : j'ai abaissé toutes mes barrières entre la lecture est moi, ce qui fait que j'ai été prise par ma lecture tout du long, je ne pouvais pas lâcher mon livre, que j'en suis ressortie bouleversée et que j'y suis même allée de ma larme.
   Je ne saurais dire si ma nature empathique à joué dans l'équation, (à mon avis oui) mais je n'ai pas pu m'empêcher de ressentir beaucoup de peine, en sachant que ce qu'endurent les personnages représente le quotidien de millions de personnes encore aujourd'hui dans le monde. Ce n'est pas normal que des situations que nous lisons dans des livres de science-fiction ou dystopique pour notre divertissement aujourd'hui, tel que le culte de la pensée unique, le contrôle des populations et des déplacements, la censure culturelle, soient vécues quotidiennement par des gens quelque part dans le monde. Il est révoltant que des gens vivent un 1984 encore en 2019.

   Cependant, et c'est absolument jouissif, Bandi fait beaucoup plus que de mettre en lumière la misère qu'est devenue son pays. Il nous montre comment le peuple s'organise pour contourner et défier l'autorité. Il fait éclater les préjugés comme quoi les Coréens du Nord sont tous matrixés et et ont tous subi un lavage de cerveau sous leur dictature. Et certes, bien sûr, beaucoup cherchent la moindre erreur commise par leurs camarades pour pouvoir les dénoncer et ainsi gagner en estime auprès du Parti, mais pour la plupart, il se développe un esprit d'entraide, de loyauté envers les uns et les autres, de solidarité face à l'ennemi, qui les poussent à soutenir leurs camarades suspectés de non adhésion au Parti, à partager leurs maigres ressources entre eux, à faire passer des messages codés pour dénoncer les agissements du Parti, comme des chansons ou des pièces de théâtre. Ils essaient de vivre aussi normalement que possible sous un régime à contraintes aussi draconiennes. J'ai trouvé que cet aspect du récit brillait d'une lumière d'espoir au milieu de cet obscurantisme dans laquelle baigne le peuple nord-coréen.

   En définitive, vous l'aurez compris, cette lecture m'a complètement retourné l'estomac, m'a révoltée, m'a mise en colère, m'a rendue triste, mais est également devenue une référence pour moi que je conseille à quiconque est sensible à ce qui a trait à la Corée, souhaite en apprendre de manière plus précise sur son histoire, la politique de la Corée du Nord, la vie de ses habitants, les difficultés qu'ils endurent. "Bandi" est un terme qui signifie "luciole", et qui, par définition, projette sa lumière sur le monde. C'est donc un beau recueil que nous présente l'auteur, et qui permet de prendre conscience de cette réalité alternative qui existe dans notre propre monde, pas si loin de chez nous, et permet d'éveiller une nouvelle réflexion.

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dimanche 13 janvier 2019

Fréquence Oregon

Auteur : Loïc Le Pallec
Edition : Sarbacane
Collection : Exprim'
Parution originale : 7 novembre 2018
Genre : Jeunesse, SF, Anticipation 
Origine : France 
Nombre de pages : 280
   Résumé : La Terre, dans quelques années... À l'abri d'un monde en proie au chaos, dans un luxueux complexe pour familles fortunées, Alta Luna s'ennuie entre une mère dépressive et un père débordé. Heureusement, il y a les amis : Jonas, un peintre bâti comme un gladiateur, et Gaspard, qui dispute d'interminables parties d'échecs avec le robot Seven. Un jour, un couple de jeunes déserteurs échouent sur les côtes de ce paradis, ils sont aussitôt emprisonnés. Alta Luna, Jonas et Gaspard décident d'organiser leur évasion,avant de s'envoler à bord d'un petit avion avec leurs protégés et Seven. Leur destination ? L'Oregon. Un mystérieux « capitaine Green » est, paraît-il, en train d'y bâtir un monde nouveau...
   Quand j'ai vu Fréquence Oregon en novembre dernier dans mes bacs de littérature jeunesse à la Fnac, où je travaille depuis quelques mois, j'avoue que j'ai tout de suite mis le livre de côté pour le lire. Déjà, parce que c'est Sarbacane, et que j'aime beaucoup cette maison d'édition exclusivement jeunesse, mais qu'en plus, il est rare de trouver de la SF dans leur collection Exprim' (ou alors je connais mal mon sujet ?). Quoi qu'il en soit, j'avais vraiment envie de voir ce que ça donnait, la SF à la sauce Sarbacane, mais je dois dire que je suis un peu déçue avec ce titre.

   Nous rencontrons une jeune fille répondant au nom d'Alta Luna, qui vit sur Terre dans un futur proche. Dans ce futur, les ressources se sont peu à peu amenuisées jusqu'à ce que les familles et personnes aisées se soient rassemblées dans des complexes à l'abri des guerres qui ont éclaté partout dans le monde. Alta Luna fait partie de ces personnes, et s'ennuie de sa vie oisive. Avec des amis, Jonas, Gaspard, et un robot intelligent répondant au nom de Seven, ils ont un jour trouvé un émetteur qu'ils ont réussi à mettre en marche, et ont ainsi pu entrer en contact avec des déserteurs, Ulysse et Cassiopée, qui leur ont parlé d'une mythique terre promise du nom d'Oregon, dirigée par le Capitaine Green, une sorte d'oasis dans le désert qu'est devenu la Terre. Alta Luna et ses amis se mettent alors en quête d'aider Ulysse et Cassiopée à rejoindre cette terre promise.

   Le roman a pour but de faire passer des messages importants de tolérance, d'acceptation et d'espoir, qui font écho à des problèmes sociétaux d'actualité, comme la nécessité d'accueillir les migrants et les réfugiés politiques qui fuient les conditions terribles de leur pays qu'ils ne sont pas en mesure de combattre, représentés à travers les personnages de Cassiopée et Ulysse qui fuient la guerre pour atteindre l'Oregon contre vents et marées. Le roman illustre également le besoin de croire en un endroit où tous les problèmes sont résolus afin de garder espoir et de continuer à lutter, etc. Il est très louable de la part de l'auteur de partager un récit engagé, un récit qui incite les jeunes et les moins jeunes à réfléchir, à se positionner politiquement parlant, à construire une pensée tolérante et bienveillante. Cependant, ce que je déplore, c'est un manque cruel de créativité et d'inventivité de la part de l'auteur.
   Le roman suit la trame classique d'un roman d'aventures et de science-fiction, comme si l'auteur s'était fait une liste de tous les éléments à insérer dans son récit et les avait cochés au fur et à mesure. Robots ? Check. Crash d'avion ? Check. Enlèvement ? Check. Course poursuite ? Check. Le seul point positif, c'est qu'il n'y a aucun moment de flottement dans le récit, qu'il y a de l'action régulièrement dans le roman, néanmoins, cela donne somme toute un récit d'une extrême banalité. Je n'ai pas été transportée plus que cela par le roman, et c'est dommage parce que le matériau de base est très intéressant.

De plus, les clichés du roman de science-fiction, nombreux ici, et pire encore, les clichés misogynes du roman de science-fiction, ont achevé le fait que non seulement j'ai trouvé le roman banal, mais aussi sexiste. Entre la fille qui manque de subir un viol, le manque d'implication des femmes dans le roman (le seul personnage féminin du roman à qui l'auteur attribue des actions qui ne relèvent pas du soin est Alta Luna, et sans doute seulement parce qu'il s'agit du personnage principal), ou encore le fait que les personnages féminins ne sont là que pour être des infirmières ou des gardiennes d'enfants, et n'ont que peu de temps de parole et de développement de personnage dans le récit, j'en suis restée pantoise. Ça s'appelle de la paresse intellectuelle que d'écrire des personnages féminins aussi bâclés, aussi délaissés, autant ne pas les écrire du tout si c'est pour qu'elles ne servent à rien. Je suis d'autant plus déçue et outrée que le personnage principal est féminin, je m'attendais donc à quelque chose de mieux que ça. C'est la première fois que je tombais sur un roman de Sarbacane qui faisait aussi peu attention à ce genre de choses, et cela est très significatif du fait qu'on a encore du mal à concilier féminisme et science-fiction dans l'écriture des personnages et des intrigues, que ce soit en France ou dans le reste du monde.

   En définitive, je garde un goût assez amer de cette lecture. J'avais suffisamment confiance en Sarbacane pour me dire qu'ils mettaient tout en œuvre pour proposer à chaque fois un contenu de qualité pour son public, et c'est le cas lorsque qu'ils veulent innover le genre du roman adolescent en proposant un slasher avec des canards par exemple (oui, je parle de 100 000 canards par un doux soir d'orage) mais lorsqu'il s'agit de toucher à des problèmes d'ordre sociétaux, ils sont encore un peu fragiles sur ces sujets, surtout dans l'écriture des personnages. En comparaison, Stéphane Servant avec Sirius, qui aborde les mêmes sujets globalement, arrive à mieux faire passer son message, et sans jamais faire preuve de misogynie dans son écriture. Je garde cependant espoir en ce qui concerne le traitement de la SF chez Sarbacane car le début de Héros de Benoît Minville est excellent. Mais en ce qui concerne Fréquence Oregon, c'est un gros "non" pour moi.

jeudi 13 décembre 2018

Nox

Autrice : Eloïse Tanghe
Edition : Le Chat Noir
Collection : Cheschire
Parution originale : 14 février 2018
Genre : Fantastique
Origine : France
Nombre de pages : 325

Résumé : Dans les couloirs glacés d’un asile, des voix chuchotent à votre esprit. Elles vous murmurent une destination, un village. Vous soufflent des images. Un lac cerné de neige. Une église souillée. Un brasier et les cris qu’il renferme. Elles vous content une histoire de sorcières. Vous narrent ses chapitres maudits. Sous un linceul de cendres, git une vérité que nul habitant ne pourra plus ignorer. Leurs secrets. Leurs peurs. La vôtre. Il est déjà trop tard. Bienvenue à Clairemont.

   Salut ! Comment ça, vous ne vous souvenez pas de moi ? C'est pas comme si la dernière fois que j'avais posté sur ce blog était il y a deux mois... ah, oups, on me fait signe dans l'oreillette que c'est le cas. Bon. En même temps, entre ma recherche d'emploi, le concert MERVEILLEUX de BTS (un de mes groupes favoris) auquel j'ai assisté fin octobre à Paris, mon nouvel emploi en tant que libraire, ma recherche d'un nouvel appart et mon installation, il s'en est passé des choses dans ma vie dernièrement, je n'ai donc pas eu l'occasion de beaucoup écrire pour le blog. Cependant, ne vous inquiétez pas, j'ai lu aussi plein de livres pendant ce temps, et Nox d'Eloïse Tangue n'est que le premier de la liste, ce qui signifie que je vais de nouveau être active par ici.

    Nox est à la base un roman dont j'aurais aimé vous parler le 31 octobre dernier, car son sujet principal est la sorcellerie, enfin, plus précisément, la persécution des sorcières. Nous rencontrons au début Théa, une jeune fille qui a une particularité : celle d'entendre des voix dans sa tête. Elle a été placée en asile psychiatrique jusqu'à ses 18 ans par son père, qui a vu la mère de Théa se suicider à cause du même pouvoir (ou la même malédiction, appelez cela comme vous le voulez) que Théa. Elle va croiser la route d'Elias et Cléa, deux habitants de Clairemont qui, pour le cours d'histoire de leur lycée, doivent mener à bien un exposé au sujet de leur ville. Et bingo, leur sujet d'exposé ? La persécution et l'immolation par le feu d'une jeune femme, Eléonore, des siècles auparavant, pour la même différence que Théa. Ensemble, Théa, Elias et Cléa vont tenter de découvrir le fin mot de cette histoire, et les dangers qui peuvent attendre Théa dans une ville comme Clairemont.

   J'ai un avis assez mitigé sur ce roman. D'un côté, je suis très impressionnée, car c'est la première fois de ma vie que je lis le livre d'une autrice plus jeune que moi. Pourtant, Eloïse a la même maturité d'écriture que l'on peut retrouver chez un.e auteur.ice plus expérimenté.e. Elle écrit son récit d'une manière poétique, presque lyrique dans le style épistolaire, a une belle maîtrise du dialogue, ce qui, personnellement, a toujours été un exercice particulièrement difficile lorsque moi-même j'écris.
   Le contraste entre les différents points de vue est également bien maîtrisé. L'atmosphère glaciale et oppressante du point de vue de Théa est d'autant plus nette, tranchée sur le fil du point de vue chaleureux et rassurant d'Elias. Pourtant, malgré cette différence marquée entre les deux personnages, on sent que leurs destins sont liés, enchaînés à jamais l'un à l'autre, comme le furent ceux d'Eléonore, Henri et Elisabeth il y a des centaines d'années.
   On sent que l'intrigue a une histoire de fond très solide, et que l'autrice a fait beaucoup de recherche au niveau de son style d'écriture ainsi que dans l'élaboration de son roman. Je n'aurais jamais pensé découvrir une histoire aussi passionnante, provenant à la base de Wattpad, et pour le coup, Eloïse a réussi à briser ce préjugé envers la plateforme d'écriture en ligne pour moi.

   Cependant, on décèle quelques fragilités au niveau de l'intrigue vers la fin de l'histoire. En effet, le début est extrêmement bien construit, entre ce narrateur omniscient dont on ne connaît pas l'identité, qui sert à nous emmener à des points clés de l'histoire, le mélange des intrigues de Théa et Elias, tout ceci est hyper solide. Mais lorsque nous rentrons dans les cinquante dernières pages, on a le sentiment que l'autrice ne maîtrise plus du tout son intrigue, qu'elle ne sait comment conclure. Vers la fin du roman, je ne comprends plus les motivations et les comportements des personnages, car il n'y a pas d'explications à ce propos. On reste dans le flou, et c'est voulu, puisque c'est un roman fantastique, il doit rester du flou pour que le lecteur ait une libre interprétation du fin mot de l'histoire. Mais à mon sens, il ne devrait pas y en rester sur les motivations des personnages à faire les choses, et c'est ce qui m'a dérangée à propos de l'histoire, je trouve cela dommage de terminer sur une note de totale incompréhension de l'histoire. 
   Il est néanmoins agréable de lire un roman qui se dit fantastique, et qui respecte les codes du roman fantastique : jusqu'à la toute fin, on ne saurait pas dire si la cause des tourments de Théa, de sa mère, d'Eléonore, est naturelle, ou surnaturelle. Beaucoup de romans que l'on dit "fantastiques" d'aujourd'hui ne sont en réalité que des romans du genre merveilleux, puisqu'ils ne jouent pas sur l'ambivalence entre cause naturelle et surnaturelle du problème exposé, et le définissent clairement comme étant de cause surnaturelle. Ces jeunes femmes sont-elles victimes de traumatisme psychologique, d'une forme de schizophrénie particulièrement violente, ou possèdent-elles réellement des pouvoirs de sorcières ? L'histoire ne vous le dira jamais, c'est à vous que revient la lourde tâche de l'interprétation.

En définitive, Nox est un roman que je recommanderais chaudement à quiconque aurait envie de lire une histoire originale à propos de sorcières, qui joue sur le caractère historique de la "sorcière de Salem", dont on ne sait si elles possédaient de vrais pouvoirs ou de vraies connaissances mystiques ou du monde de l'occulte. On sent également dans l'écriture et l'esprit d'Eloïse une patte profondément féministe, et elle nous le fait savoir sous la forme d'un récit qui dénonce la persécution des femmes, sous toutes les formes que ce soit. Malgré la fin de ce roman qui me laisse sur ma faim, Nox est un très bon premier roman.

samedi 6 octobre 2018

10 oeuvres d'anticipation/science-fiction pour le Mois de l'Imaginaire

Salut toi !

   Je ne sais pas pour toi, mais par chez moi, la dystopie est un genre littéraire qui commence à s'essouffler un peu. A mon sens, les nouveaux romans d'anticipation qui sortent depuis quelques années se ressemblent tous pour surfer sur le succès de ce genre revenu à la mode. C'est pourtant un type de lectures et d'univers que j'affectionne tout particulièrement, surtout lorsqu'ils surfent entre la dystopie et la science-fiction d'ailleurs. Alors, pour retrouver le goût de ce genre littéraire plus qu'intéressant, et comme en plus, le mois d'octobre est le Mois de l'Imaginaire à Fictionland, je t'ai sélectionné dix œuvres d'anticipation de mon crû, classiques ou qui sortent des sentiers battus. Alors, tu viens ?

Running Man, Stephen King

 


   Par bien des aspects, ce roman de Stephen King, écrit sous le pseudonyme Richard Bachman, s'inspire énormément du classique de la littérature d'anticipation 1984 de George Orwell, et pourrait très bien plaire aux fans de Hunger Games
   Dans ce roman où l'économie des États-Unis est ruinée et où le gouvernement contrôle le peuple grâce aux jeux télévisés, une émission fait fureur : La Grande Traque. Le but de l'émission est de traquer les candidats qui s'y présentent à travers le pays, et ce, pendant un mois entier. Chaque heure supplémentaire où le candidat reste en vie rapporte de l'argent à sa famille. Ben Richards, désespéré à l'idée qu'il ne puisse pas sauver sa fille de dix-huit mois, malade, car il ne peut pas lui offrir son traitement, décide de participer au jeu. 
   Running Man est un roman haletant qui nous entraîne partout aux États-Unis, dans lequel nous mesurons tout ce que serait l'horreur d'un pays aussi puissant jadis, totalement ruiné du jour au lendemain. Il présente une intertextualité avec les classiques du genre, et a sans doute inspiré les œuvres qui lui on fait suite.

Le Talon de Fer, Jack London



   Quand on vous dit "Jack London", si vous vous dites "Ah oui, c'est l'auteur qui raconte des histoires de loups pour les enfants là", détrompez-vous tout de suite. Oui, en effet, il a écrit les célèbres romans L'Appel de la Forêt et Croc-Blanc, mais pas seulement. Il est aussi l'auteur d'un fameux roman d'anticipation qui décrit le développement de la classe ouvrière nord-américaine et son combat contre l'oligarchie capitaliste. 
   Le Talon de Fer a pour intrigue le récit d'Avis à l'aube du XXè siècle, aux États-Unis, annoté par un observateur du XXIVè siècle qui contextualise ainsi le récit d'Avis. A une soirée qu'organise le père d'Avis, celle-ci rencontre Ernest Everhard, l'un des chefs du parti communiste. La soirée rassemble des ministres du culte, et Ernest essaie alors de leur faire ouvrir les yeux sur la situation et le danger du capitalisme aux États-Unis, qui les fera courir à leur perte, surtout en ce qui concerne la classe ouvrière.
   Ce roman reflète les idéaux politiques communistes de Jack London, qui ne s'en cache pas. C'est une anticipation politique qui a pour thème les tensions entre les partisans du communisme et ceux du capitalisme qui traverseront tout le XXè siècle. Un roman passionnant et engagé.

Ubik, Philip K. Dick

 


   On ne peut pas parler de littérature d'anticipation sans mentionner une seule fois Philip K. Dick, qui est une des références les plus inspirantes de ce genre de littérature. 
   Ubik prend place pendant les années 90, imaginées par Philip K; Dick avec une vision un poil futuriste... Puisque la technologie y est capable de repousser les limites de la mort en permettant aux humains d'être cryogénisés, tout en conservant suffisamment de conscience pour continuer à dialoguer avec les autres humains. Dans ce monde, certains humains ont également développé des dons de télépathie, précognition, etc, que l'on appelle des pouvoirs psioniques. Cependant, une autre catégorie d'être humains, les anti-psis, sont capables d'abolir ces pouvoirs psis. Joe Chip est employé comme technicien dans une agence de protection anti-psis, alors qu'un évènement catastrophique a lieu, bouleversant totalement l'univers.
   On retrouve dans ce roman la plupart des thèmes propres à l'univers dickien : les phénomènes d'entropie, un héros en inadéquation avec son environnement, les réalités superposées, la lutte entre le bien et le mal... Ubik est un véritable classique méconnu de la littérature d'anticipation.

Les Eaux de Mortelune, Philippe Adamov et Patrick Cothias

 

   Une fois n'est pas coutume, je vous présente une série BD d'anticipation. Les Eaux de Mortelune. Je lis très peu de BD, donc c'est toujours difficile pour moi d'en parler. 
   On se retrouve avec celle-ci dans un Paris dévasté dans laquelle le peuple avide gravite autour du prince de Mortelune. Dans cet univers où l'eau devient un sujet de convoitise ardent et d'affrontements car devenu rare sur la surface de la Terre, les personnages errent à la recherche désespérée de leur salut. Le trait d'Adamov est absolument génial, et on sent à travers son art grâce à des couleurs toujours très brunes et froides à quel point l'univers qu'il dépeint est empoisonné. L'imagination débordante de Clothias vient enrichir cette œuvre absolument superbe.

Qui a peur de la Mort ?, Nnedi Okorafor



   Je n'ai toujours pas réussi à déterminer si Qui a peur de la mort ? de Nnedi Okorafor est un coup de cœur pour moi, toujours est-il qu'il reste un souvenir de lecture lancinant. Il s'agit d'un roman d'anticipation qui place son intrigue, une fois n'est pas coutume, quelque part en Afrique (oui, je sais, c'est très vague et l'Afrique est vaste, mais l'autrice ne précise absolument pas sur les terres de quel pays exactement se passe son histoire.)
   L'histoire raconte la vie d'Onyesonwu, une jeune fille née d'un viol. Selon les superstitions de son village, c'est cette tragédie qui permet aux enfants issus de cette ignominie de développer des pouvoirs magiques. Au fur et à mesure qu'Onye grandit, qu'elle développe ses pouvoirs et apprend son histoire, sa soif de vengeance s'accroît, et elle décide de partir sur les traces de son père afin de lui faire payer le prix fort de son acte abominable. 
   Le roman est à la croisée des chemins entre le roman de science-fiction et d'anticipation, traitant de sujets très peu abordés dans la littérature de l'imaginaire tels le féminisme, et notamment l'afroféminisme, le sexisme et les violences faites aux femmes dans les cultures africaines, mais également le racisme en toile de fond. Un excellent roman, qui présente cependant des longueurs finalement surmontables.

L'Orange Mécanique, Anthony Burgess

 


    Vous connaissez sans doute tous le célèbre film Orange Mécanique de Stanley Kubrick, mais saviez vous qu'il s'agissait de l'adaptation d'un roman de science-fiction et anticipation ? Pour ceux qui vivent dans une grotte, l'histoire décrit les actes de violence et de violation de Alex Delarge, un jeune homme qui vit à Londres dans un futur proche avec sa bande de droogies. Un jour, Alex se fait dénoncer par sa bande, et est arrêté et envoyé en prison. Il va y subir le traitement Ludovico, à la suite duquel la violence et le sexe le rendent malade. Mais alors qu'il est relâché, Alex doit faire face à ses victimes.
   Je dois dire que ce roman est assez indescriptible. Âmes sensibles, abstenez-vous de le lire, car il est d'une violence extrême, mais c'est indéniablement un des meilleurs romans de science-fiction que j'ai pu lire jusqu'alors.

Ravage, René Barjavel

 

 
   Ravage est un roman d'anticipation et dystopique de René Barjavel qui révèle tout le pessimisme de l'auteur fasse aux nouvelles technologies et leur utilisation par les hommes. C'est un genre de Black Mirror dans le contexte, mais inversé, en livre, et écrit il y a 75 ans (donc, pas du tout comme Black Mirror, mais j'avais besoin d'un truc bien connu pour te mettre sur la piste...)
   L'histoire de ce roman montre comment, alors que le monde plonge dans un blackout complet (plus d'électricité, d'eau courante, de moyen de transport...), les humains plongent dans le chaos le plus total, provoquant ainsi le naufrage total de la société. C'est un roman important dans le contexte de son époque, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, qui en a horrifié plus d'un en voyant l'inventivité technologique des hommes pour se détruire mutuellement, et de nombreuses références sont faite notamment au régime de Vichy et à la France sous l'Occupation.

Le Transperceneige, Jacques Lob et Benjamin Legrand

 


    Décidémment, je n'aurais jamais autant parlé de BD sur ce blog que dans cet article ! 
   Le Transperceneige est une assez vieille série de BD, puiqu'elle a été créée dans les années 80. L'histoire prend place dans un monde post-apocalyptique dans lequel le reste du monde qui a survécu est entassé dans un train énorme qui roule éternellement. Il existe une hiérarchisation dans ce train : les riches vivent dans les wagons dorés du devant, et les pauvres, dans les wagons de fin de convoi. L'alimentation est gérée par les wagons potager, et des wagons militaires assurent la sécurité. Après un évènement effroyable dont le héros, Proloff, qui vit dans les wagons des pauvres, refuse de parler à ses interlocuteurs, celui-ci va décider de remonter les wagons un à un afin de découvrir ce qu'il se passe.
    La BD présente une atmosphère très étrange, elle est dessinée en noir et blanc, et elle présente les codes principaux des œuvres du post-apo, tout en axant sa philosophie sur la lutte des classes plutôt que sur un eugénisme dictatorial.

La Zone du Dehors, Alain Damasio





   Avant d'être l'un des meilleurs café-librairie de tout Bordeaux (comment ça, je fais de la pub ?), La Zone du Dehors est un roman d'anticipation écrit par l'auteur français Alain Damasio.
   On y suit la vie des habitants de Cerclon, une société pseudo-démocratique basée sur un satellite imaginaire de Saturne. Cette société est caractérisée parce qu'on appelle le "clastre" : tous les deux ans, les citoyens se réunissent donc pour classer leurs compatriotes selon leur comportement, l'efficacité au travail, bref, selon ce qui ferait d'eux de bonnes personnes. Les citoyens de Cerclon se surveillent donc mutuellement, car de leur classement dépend leur place dans la société. Cependant, le quotidien de cette société se voit bouleversée par les actions subversives de La Volte, un groupuscule contestataire qui va faire la révolution.
   Les références à 1984 sont nombreuses dans ce roman, allant de la date à laquelle se passe l'histoire, 2084, jusqu'au sujet du glissement d'une démocratie vers le totalitarisme, en passant par le système de surveillance généralisé de toute une société.


Globalia, Jean-Christophe Rufin

 



   Pour la fin de cette séléction, j'ai eu envie de privilégier des auteurs et artistes français, et surtout, pour ce dernier roman, je souhaite vous présenter un livre que j'ai découvert récemment, d'un auteur français dont je ne savais pas jusqu'alors qu'il écrivait aussi de la science-fiction : Jean-Christophe Rufin. 
   Globalia est un roman d'anticipation qui présente une dystopie. L'action se déroule dans un futur indéterminé, dans une période dont on sait seulement qu'elle est ultérieure à la nôtre. L'histoire est celle de Globalia, une sorte d'Etat mondial, qui assure la prospérité et la sécurité de tout le monde, tant que le système n'est pas remis en cause (une sorte de totalitarisme déguisé, en sorte). Les zones sécurisées sont principalement situées dans l'hémisphère nord, tandis que ce que l'on appelle les "non-zones" sont situées dans l'hémisphère sud. Ces "non-zones" sont réputées pour être inhabitées, mais elles abritent en réalité les personnes que Globalia considère comme étant des terroristes. On suit alors Baïkal Smith, un jeune Globalien qui cherche à fuir la société de Globalia qui lui pèse. Il se fait enrôler dans une machination afin de fédérer la population de cet Etat Mondial contre ces populations des "non-zones" en créant un ennemi public n°1.
   Le roman aborde quelques pistes de réflexion intéressantes : la difficulté de concilier liberté et sécurité, les droits de la société à exclure des individus pour son bien-être, le rôle qu'on les médias pour instaurer une cohésion dans la société, et leur influence dans la perception que l'on a de la société, entre autres. Des pistes de réflexion sur un sujet vieux comme le monde : la vie en société.

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   Et voilà pour cette première sélection de romans pour le Mois de l'Imaginaire ! J'espère qu'elle vous aura plu, et que je vous aurais fait découvrir de nouveaux livres, et surtout, donné envie de les lire. Certains d'entre eux pourraient parfaitement entrer dans le cadre d'un Winter Classic Novels Challenge, je dis ça, je dis rien. La prochaine sélection de ce mois de l'imaginaire, qui arrivera sans doute la semaine prochaine, portera sur les romans fantastiques/de fantasy de je conseille absolument ! Je vous souhaite pour le moment de belles lectures, et à une prochaine fois !


vendredi 5 octobre 2018

Winter Classic Novels : le challenge ! #1

Salut toi !

   Pendant les saisons de l'automne et l'hiver, j'aime beaucoup me soumettre à des petits challenges littéraires pour pimenter un peu mon expérience de lecture, et faire baisser un maximum ma PAL puisque cela me motive à lire plus souvent. Cette année, j'avais une envie particulièrement lancinante de me remettre à lire des classiques. Comme je trouve que les mois de froid sont une période absolument idéale pour lire de bons gros classiques, et que vous êtes pas mal notamment sur Twitter à être prêts me suivre dans mon délire, j'ai décidé, après m'être assurée que rien de similaire n'existait encore, de créer un challenge littéraire centré sur les classiques pour cet hiver ! 



   J'avais envie de mettre en avant plusieurs prérogatives avec ce challenge : d'abord, permettre au plus grand nombre possible de participer. Que vous soyez un lecteur convaincu de classiques, ou un grand timide qui n'ose pas se lancer, ce challenge est fait pour vous ! 
   Ensuite, je voulais mettre en avant l'aspect communautaire : cette année, celui-ci se déroulera essentiellement sur Twitter, grâce au #WCNChallenge sur lequel vous pourrez partager vos lectures, vos impressions, ainsi que discuter entre vous, pendant toute la durée du challenge.
  Enfin, le dernier point qui me tient à cœur, c'est le fait de ne pas se prendre la tête ! Oui, c'est un challenge, oui il y a des défis à surmonter, mais cela doit surtout rester du plaisir et de l'amusement !


Comment ce challenge va-t-il se dérouler ?

   Le challenge débutera officiellement le 1er décembre 2018, et s'étendra jusqu'à la fin de l'hiver, le 21 mars 2019.

   J'ai créé deux sortes de "menus" dans lesquels vous trouverez une dizaine de mini-défis. Afin de constituer vos PAL de challenge, il vous faut absolument choisir au minimum un mini-défi par menu.. Mais vous pouvez tout aussi bien choisir de compléter chaque mini-défi de chaque menu. C'est vous qui voyez. La seule condition pour considérer que vous avez réussi le challenge est d'avoir complété un mini-défi par menu. 

   Il y a donc deux menus, un menu "le défi personnel", qui consiste en une suite de mini-défis qui représentent des obstacles auxquels vous a sans doute confronté la lecture de classiques au cours de votre vie : pavés de mille pages, trop large choix, livre en langue étrangère VOIRE ancien langage, livre abandonné en cours de lecture, etc. Le but de ce menu est de se confronter à ces obstacles sur votre chemin de lecteur afin de vous en libérer.
   Le deuxième menu est un menu "défi par thème" : celui-ci contient une série de mini-défis qui va vous demander de choisir un classique qui contient une des caractéristiques énoncée dans le défi : écrit par un auteur d'une nationalité précise, partisan d'un mouvement précis, d'un genre ou d'un registre précis, etc.
   Chaque mini-défi est cumulable avec un autre pour un même roman, peu importe le menu auquel il appartient, à condition de cumuler seulement 2 défis par roman.

   Pour les plus téméraires qui trouvent ce challenge bien trop facile, je vous propose un défi "hardcore" : celui-ci consiste en un choix : soit vous décidez de lire les 20 romans de la série Les Rougon-Macquart de Zola, soit vous décidez de lire 20 des œuvres de la série La Comédie Humaine de Balzac (qui est composée de la bagatelle d'une petite centaine d’œuvres en tout quand même) . Si vous choisissez de vous confronter à ce menu, vous serez dispensés de la règle qui concerne les deux premiers menus. 


   Je n'impose pas de limites à vos PAL. Celle-ci peut être constituée d'un seul livre, comme de toute une pile, de livres très fins, comme d'énormes pavés. C'est vous qui choisissez en fonction des règles que j'ai imposé plus tôt.

Bon, voilà, maintenant, j'arrête de blablater, et je vous présente le contenu des deux menus que je vous présente, ainsi que ma propre PAL de challenge :

MENU 1 : Le défi personnel :

En choisissant un défi parmi ceux de ce menu, vous devrez lire :

- Un classique que vous n'avez pas réussi à lire à l'école
- Un classique que vous n'avez jamais fini
- Le plus gros classique de votre bibliothèque
- Un classique lu dans une langue étrangère
- Un classique méconnu d'un auteur très connu
- Le classique dont vous repoussez la lecture depuis des années
- Le premier classique sur lequel vos yeux tombent en regardant votre bibliothèque
- Un classique choisi dans votre bibliothèque par quelqu'un d'autre
- Une relecture de classique
- Un classique que vous n'aviez pas aimé à l'époque, mais que vous seriez susceptible d'apprécier aujourd'hui
- Un classique qui vous fait peur
- Un classique dont la nationalité sera votre prochaine destination de voyage

MENU 2 : Le défi par thème :

Avec les défis que propose ce menu, vous devrez lire :

- Un classique fantastique ou de la science-fiction
- Un classique dont le personnage principal est une femme
- Un classique dont le personnage principal est un anti-héros (= un héros qui présente les caractéristiques inverses de celles dont on attend d'un héros, qui est censé être fort, courageux, faire preuve d'abnégation, être extraordinaire...)
- Un classique écrit par un auteur russe et/ou dont l'intrigue a pour décor de fond la Russie
- Un classique dont l'intrigue prend place pendant les périodes de Noël
- Un classique de la littérature enfantine
- Un classique racontant un voyage en mer
- Un classique ayant pour thème les légendes arthuriennes
- Un classique gothique
- Une pièce de théâtre classique
- Un classique du XXè siècle
- Un classique du Moyen-Âge (donc publié entre le Vè siècle et le XVè siècle après J.C.)

MENU HARD : Le défi hardcore :

Les plus téméraires d'entre vous pourront se mesurer à ce challenge en lisant :

- La totalité de la série Les Rougon-Macquart de Emile Zola, qui comporte 20 romans ;
- 20 œuvres de la série La Comédie Humaine de Honoré de Balzac

   Et voilà ! J'espère que vous êtes encore là, c'est bientôt la fin de l'article, je voudrais juste vous présenter les livres que je souhaite lire moi-même durant ce challenge. Restez avec moi encore un peu, courage, c'est bientôt fini !


- Anna Karénine, Léon Tolstoï, pour le défi "un classique écrit par un auteur russe"
- Cœur de chien, Mikhaïl Boulgakov, pour "un classique dont la lecture fut longtemps repoussée"
- Adrienne Mesurat, Julien Green, pour "un classique dont le personnage principal est une femme"
- Madame Bovary, Gustave Flaubert pour "un classique dont on a abandonné la lecture"
- Frankenstein, Mary Shelley pour "un classique qui vous fait peur" et "un classique de la SF"
- Le Maître de Ballantrae, Robert Louis Stevenson pour "un classique qui raconte un voyage en mer"
- Yvain ou le Chevalier au Lion, Chrétien de Troyes, pour "un classique du Moyen-Âge" et "Un classique des légendes arthuriennes"
- A Christmas Caroll, Charles Dickens, pour "une relecture de classique" et "un classique de Noël".
- Le Comte de Monte-Cristo, Alexandre Dumas, pour "Un classique avec un anti-héros" et "le plus gros classique de votre bibliothèque". 
- La Peste, Albert Camus, pour "Un classique du XXè siècle". 

   Voilà, là c'est vraiment fini. Il me semble utile de préciser que vous n'êtes pas obligés de lire tous les livres que vous avez mis dans vos PAL de challenge, celles-ci sont en effet évolutives. Si vous avez eu les yeux plus gros que le ventre, ce n'est pas grave, et si vous avez mis trop peu de livres dans votre PAL et que vous désirez continuer, vous pouvez en rajouter. Le maître-mot de ce challenge est le PLAISIR de lire. Pour réussir le challenge, je rappelle qu'il vous suffit de lire un livre qui cumule deux défis des deux menus différents ou deux livres présentant un défi chacun venant des deux menus, le reste, c'est du bonus. Pour ce qui est du menu hardcore, vous pourrez considérer avoir réussi le challenge si vous avez pu lire au moins 5 des 20 livres imposés (parce que je ne suis pas un monstre quand même haha)
   Je vous souhaite bon courage pour la constitution de vos PAL, prenez votre temps, vous avez un peu moins de deux mois pour le faire :) n'hésitez pas à me la partager sur les réseaux sociaux, à me partager vos articles de blogs sur le challenge et/ou vos vidéos de challenge, je serai ravie de les lire/visionner ! Je vous retrouve le 1er décembre 2018 pour officiellement débuter le Winter Classic Novels Challenge en ma compagnie !

Actuelle représentation de moi-même vous signifiant que c'est la fin de l'article que vous lisez. Mais avec plus d'amour et de thé.

mardi 18 septembre 2018

Mes conseils lectures pour journées pluvieuses d'automne

Salut toi !

   Je fais partie de ces personnes pour qui l'automne est la saison préférée d'entre toutes. Moi ce que j'aime, c'est pas sauter dans les vagues, mais dans les flaques, c'est pas les chaleurs écrasantes, mais plutôt voir des feuilles de toutes les couleurs tourbillonner dans les airs au rythme du vent, et bien que le ciel bleu, ce soit très joli, je préfère entendre la pluie taper au carreau pendant que je lis un bon livre enroulée dans un plaid chaud, une tasse de thé fumant à la main. 



   Et justement, cela faisait longtemps que je n'avais pas publié un article de conseils de lectures, mais aujourd'hui, j'ai envie de vous proposer des lectures qui, selon moi, sont idéales pour les mois d'automne. Voici donc une sélection de quelques romans à lire au coin du feu, alors que la pluie tombe dehors !

Le Mystère Sherlock  - J.M. Erre

    Dans mon esprit, les romans policiers, d'enquêtes, d'espionnage, etc... tout ceci sent bon l'automne. Le Mystère Sherlock est un roman d'enquêtes un peu plus original que d'autres, puisqu'il s'agit en réalité d'une parodie de roman à la Sherlock Holmes. L'histoire est la suivante : En Suisse, un colloque sur Sherlock Holmes, organisé à l'hôtel Baker Street et auquel ont participé une dizaine d'universitaires, est coupé court après une avalanche qui s'y est abattue. Le prix de ce colloque ? Devenir le titulaire de la première chaire d'holmésologie jamais créée à la Sorbonne. Cela vaut bien une petite série de meurtres... non ?
   Ce roman rend hommage aux plus grandes enquêtes d'Hercule Poirot et Sherlock Holmes, mêlant à la fois suspens et humour, ainsi que des tonnes de rebondissement. Un petit bijou.

Les Soeurs Carmines - Ariel Holzl

   J'en rebats les oreilles de tout le monde sur les réseaux sociaux, mais la trilogie Les Sœurs Carmines de Ariel Holzl est idéale pour les mois de la saison des morts. Et pour cause : l'histoire des Sœurs Carmines se passe dans un monde imaginaire, dans la ville de Grisaille, capitale du crime et du meurtre à base de poison dans le thé ou de poignard en argent dans le cœur, dans lequel les êtres humains côtoient vampires, zombies, gorgones, fantômes et autres personnages surnaturels. C'est dans ce monde atypique qu'évoluent Merryvère, Tristabelle et Dolorine Carmine, les personnages que nous suivons. A chaque sœur, un tome lui correspond, dans lequel chacune va vivre des aventures rocambolesques. Au programme : courses poursuites avec des vampires, sorties shopping funestes, et enquêtes fantomatiques dans les couloirs d'un pensionnat. La trilogie mêle atmosphère gothique et ambiance sombre à la Tim Burton, associé à un style d'écriture varié et très cinématographique et visuel. Je vous recommande ces lectures, mais à vos risques et périls...

Le Dompteur d'Avalanches - Margot Delorme

   Un bon petit roman de fantasy qui se passe dans les montagnes, mais oui, mais quelle bonne idée Gaëlle ! Ce roman saura sans doute remporter tous les suffrages, puisque l'histoire semble sortie tout droit des studios Ghibli. On va retrouver le personnage de Ditto, qui est un jeune garçon qui passe ses journées entre faire visiter la montagne à des touristes à dos d'ânes, et jouer avec la marmotte qu'il a sauvé deux ans auparavant. Un jour, alors qu'une tragédie s'abat sur la montagne, il apprend qu'il est un "écouleur", c'est-à-dire qu'il est capable de déclencher des avalanches violentes. Pour cela, Ditto est obligé de quitter sa montagne, et d'aller demander conseil à la Lorlaï, l'esprit de la montagne, qui va lui lancer un défi fou. La lecture de ce roman m'a en effet beaucoup fait penser à Princesse Mononoké de Hayao Miyazaki, avec cette histoire d'un garçon chassé de sa communauté après avoir commis un crime pour aller retrouver son intégrité. La sensibilité à la nature, la crainte des dieux, tout ceci sont des thèmes principaux de ce roman magnifique.

L'épée des Ombres - J.V. Jones

   Une saga de fantasy un peu plus sombre à présent, dont je vous ai déjà présenté le premier tome il y a quelque temps déjà. Si vous cherchez une saga de plusieurs gros pavés avec un peu de magie, des guerres de clans, des histoires politiques, un peu à la Game of Thrones mais plus soft et avec moins de personnages, cette saga est faite pour vous. L'épée des ombres est l'histoire de Raif Ruptur, un jeune adolescent du clan Grêlenoire, un clan de guerriers du nord du continent. Un jour, alors qu'il était en campagne avec des membres de son clan, celui-ci tombe dans une embuscade et les seuls rescapés en sont Raif et son frère.A la suite de cette tragédie, Raif se rend compte de complots qui se trament entre les clans, et se voit obligé de quitter ses terres pour le Sud. Il y rencontre Ash, une jeune fille retenue prisonnière par l'homme qui l'a recueillie bébé, animé d'un soif de pouvoir dévorante. Il se trouve qu'Ash est la clé pour ouvrir un monde étrange, un monde qui pourrait déverser une apocalypse sur le monde. Il faut à tout prix éviter cela, et Raif et Ash se lancent dans une quête à corps perdu dans le froid du grand nord... Bref, vous aurez reconnu quelques traits similaires à la saga emblématique de George R.R. Martin.

Le Maître des Illusions - Donna Tartt

   Un bon gros pavé, à la croisée des chemins entre Le Cercle des Poètes Disparus et How to Get Away with Murder. Est-ce que j'ai vraiment besoin d'en dire plus ? L'histoire de ce roman se passe dans une université du Vermont, aux Etats-Unis. Richard Papen vient d'y décrocher une bourse, et aspire plus que tout à accéder à la classe d'un professeur atypique, Julian Morrow, qui donne cours à une petite poignée d'élèves seulement. Richard va tenter de percer le secret de cette classe étrange... un roman à suspens haletant, que j'ai été incapable de relâcher avant la dernière page.

Charley Davidson - Darynda Jones

   Charley Davidson est ma saga de bit-lit chouchou pour l'automne, car elle réunit tout ce que j'aime en automne : le surnaturel, les enquêtes policières, un peu d'humour acide, un personnage féminin génial et bien construit, des personnages secondaires intéressants. Charley est la Faucheuse, c'est à travers elle que les morts passent afin de rejoindre l'au-delà. C'est hyper pratique pour elle de voir les morts, puisqu'elle est en plus détective privée, du coup, la victime est toujours capable, ou presque, de lui dire qui est le meurtrier. Et en plus de ça, Reyes, un mystérieux jeune homme hyper sexy, ne lui lâche pas les baskets (quelle tragédie !) et semble cacher un grand secret. En bref, une saga très drôle et très prenante.

La Belle Sauvage - Philip Pullman


  Et bien oui, vous commencez à me connaître maintenant, je ne peux décemment pas faire une sélection de romans pour l'automne presque entièrement remplie de romans de littérature de l'imaginaire, sans parler de Philip Pullman et de sa saga de la Poussière. Je vous présente ici La Belle Sauvage, le premier roman de la nouvelle trilogie de A La Croisée des Mondes, dont l'anniversaire de la sortie est pour très bientôt. L'histoire est un préquel de la trilogie originale : dix ans avant les aventures de Lyra et Will, nous rencontrons Malcolm, un jeune garçon qui travaille dans une auberge en face d'un couvent, et qui adore faire du bateau avec sa barque qu'il a appelé "La Belle Sauvage". Malcolm apprend que les nonnes du couvent garde un bébé qui s'appelle Lyra, et qui est l'objet de complot et de convoitises. Malcolm fera tout ce qui est en son pouvoir pour protéger Lyra, à laquelle il se sent lié à jamais. Ce roman représente une très belle replongée dans un univers que j'ai longtemps chéri, et un excellent premier tome d'une nouvelle trilogie. 

 

   Et voilà pour cette sélection ! J'ai essayé d'y mettre du contenu varié et plus ou moins pour tous les goûts, même si bien sûr, celle-ci reflète plus aisément les miens. J'espère cependant avoir piqué votre curiosité avec la plupart des romans que je présente ici. Sur ce, moi, je retourne attendre que l'automne se point vraiment en cette fin de mois de septembre, avec ma tasse de thé.

 



mercredi 8 août 2018

La Princetta et le Capitaine

Autrice : Anne-Laure Bondoux
Edition : Livre de Poche Jeunesse
Parution originale : 2004
Genre : Jeunesse, Aventure
Origine : France
Nombre de pages : 570
   Résumé : Alors que le Coronador de la Galnicie prépare le mariage de sa fille de 15 ans, Malva, celle-ci ne rêve que d'aventures et de liberté, et prépare son évasion du royaume. Mais son premier voyage va se terminer tragiquement, et, d'incidents en incidents, Malva va se découvrir petit à petit, et découvrir ce qu'elle veut vraiment.



 Le mois d'août est pour moi synonyme soit de lectures chill, comme avec Crazy Rich à Singapour de Kevin Kwan que je suis en train de lire actuellement et dont je vous parlerai dans un prochain article (han, teasing !) soit de relectures de romans de mon enfance. ce mois-ci, j'ai donc relu un des romans qui m'ont donné le goût de lire quand j'étais petite : La Princetta et le Capitaine de Anne-Laure Bondoux.
   Pour ma part, je trouve que ce roman est une lecture d'été idéale : histoire d'aventures en mer, quête d'un trésor inespéré, voyage initiatique... Ce roman a un goût de soleil incontestable.

   La Princetta et le Capitaine raconte l'histoire de Malva, la Princetta du royaume de Galnicie. Celle-ci rêve d'aventures et de liberté depuis qu'elle est enfant, alors que ses responsabilités envers le royaume en décident autrement. En effet, étant la Princetta, elle est tenue de succéder à son père le Coronador sur le trône de Galnicie, et doit se préparer en conséquence. Par exemple, en épousant, à l'âge de 15 ans, un prince d'un pays lointain, qui a le double de son âge, afin de créer une alliance et instaurer la paix entre les deux pays. Pour échapper à son destin, Malva s'évade donc à bord d'un bateau pour aller explorer le monde. Cependant, les choses ne se passeront pas comme prévues, et le Coronador, inquiet de la disparition de sa fille, envoie donc une équipe de matelots en sauvetage, avec à son bord Orféus Mac Bott, le deuxième personnage principal de cette odyssée.

   Je n'utilise pas le terme d'odyssée par hasard : ce terme a pour signification d'être "une grande aventure", et c'est en tous point ce que raconte La Princetta et le Capitaine, mais il renvoie également au poème éponyme de l'aède grec Homère, L'Odyssée, dans lequel Ulysse, après la Guerre de Troie, rentre à Ithaque avec son armée, mais avant cela, va errer dans la mer Méditerranée pendant dix ans, allant d'aventures en aventures, de pièges en pièges, de monstres en monstres. On sent qu'Anne-Laure Bondoux a beaucoup puisé dans ce texte mythologique afin d'écrire son roman : Malva va en effet errer en mer avec ses compagnons de voyage, accostant d'îles en îles, rencontrant de nouveaux personnages, affrontant la mer agitée à cause de dieux qui se fâchent. Ils ont même un vieux chien qui les accompagne, comme le vieux chien d'Ulysse qui attend de retrouver son maître avant d'expirer.

   J'ai rarement lu un roman, surtout un roman jeunesse, où les personnages vivent autant d'aventures que dans La Princetta et le Capitaine. Il n'y a pas un seul instant d'accalmie, les personnages vivent des aventures à chaque page du roman, et le lecteur a à peine le temps de souffler un moment qu'il y a un autre problème qui arrive ou une nouveauté à découvrir, et c'est, pour moi qui décroche rapidement et se déconcentre facilement si je ne suis pas happée par ce que je fais, une vraie qualité de ce roman.

   De plus, les personnages sont très bien construits : Anne-Laure Bondoux fait en sorte que chaque personnage aient un background solide qui va leur servir durant leur voyage, ce qui donne du relief à chaque personnage du roman, alors qu'elle aurait pu faire l'erreur de se concentrer uniquement sur ses deux personnages principaux, Malva et Orféus. On discerne cependant quels sont les protagonistes principaux, mais l'autrice arrive à donner de l'importance à chaque personnage, à tel point que mon personnage féminin préféré n'est pas Malva, alors que généralement j'adore les personnages principaux, mais c'est Lei. Je trouve Lei très impressionnante car elle parle toutes les langues (je RÊVE d'avoir cette capacité) et est aussi, de part sa culture, très bonne médecin également. Sans Lei, il n'y aurait eu honnêtement aucune aventure possible dans ce roman. Orféus est mon personnage masculin préféré de l'histoire, et aussi un de mes premiers crush littéraires. C'est un personnage avec des peurs et une anxiété enfouies en lui, mais qui ne l'empêchent pas de rester déterminé et persévérant, et je trouve que c'est un personnage extrêmement courageux.

   La Princetta et le Capitaine est en définitive un roman idéal pour cet été, qui sent bon les embruns de la mer, le sable chaud sous les pieds et les aventures extraordinaires à bord d'un navire à voile. Il me semble cependant (c'est la libraire qui parle là) que ce roman est épuisé en librairie et disponible uniquement en roman d'occasion. Néanmoins, il est possible de commander en librairie la nouvelle version que le Livre de Poche a édité, qui présente une fin alternative du roman écrite par Anne-Laure Bondoux à cette occasion :


   Je vous conseille vraiment de lire La Princetta et le Capitaine. Si vous êtes adultes, ne vous arrêtez pas au fait qu'il s'agit d'un roman jeunesse, ce serait trop dommage car vous prendriez énormément de plaisir à le lire vous aussi, et vous verriez ainsi la profondeur des références que propose l'autrice à travers ce roman. Et si vous avez des enfants, surtout s'ils n'ont pas le goût de la lecture à 10/11 ans, offrez-leur ce roman, ils vous remercieront.

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