lundi 28 mars 2016

La douce empoisonneuse

Auteur : Arto Paasilinna
Editions : Folio
Parution : 1988
Ma note :  5/10

Résumé : Une maisonnette rouge flanquée d'un petit sauna en bois gris, non loin d'Helsinki. Linnea, la douce veuve du colonel Ravaska, mène une existence paisible à soigner ses violettes et son chat. Pourtant chaque mois, le jour où elle touche sa pension, un trio maudit, conduit par son neveu, s'invite sous son toit pour la détrousser. Lorsque ses visiteurs ne se contentent plus de sa maigre retraite et exigent un testament à leur avantage, c'en est trop. Elle est résolue à en finir. Comprenez: à se suicider. Mais, surprise, concocter un poison mortel se révèle une activité beaucoup plus passionnante que tricoter. Et les noirs desseins de Linnea, par une suite précipitée d'événements cocasses, se retournent en sa faveur, tandis que ses ennemis...
Génie du comique de situation, Paasilinna récidive avec une vieille dame tranquille candidate au suicide. "Arsenic et vieilles dentelles" trempé dans l'aquavit, les rocambolesques aventures de la colonelle sont l'occasion de revisiter l'univers à la fois brut, drôle et loufoque du grand écrivain finlandais.

   Premier Paasilinna, et premier roman finlandais que je lis, et pour le coup, ça a été une lecture plutôt agréable, bien que je sois un peu mitigée par rapport aux personnages, je dois bien l'avouer.
   Paasilinna est roi parmi les rois en ce qui concerne le comique de situation, et l'humour cynique et noir.
  
   On suit les aventures d'une petite mamie, veuve de colonel, qui vit paisiblement dans sa métairie, et qui passe ses journées à s'occuper de ses fleurs et de son chat. Mais très vite, on apprend que sa petite vie n'est pas aussi tranquille que les apparences laissent penser. Chaque mois, le jour où sa pension arrive dans sa boîte aux lettres, le terrible neveu de la vieille dame vient lui piquer sa rente (je suis désolée, il n'y aura aucun nom dans cette chronique, parce que les noms finlandais sont aussi imprononçables que difficiles à écrire). Sauf que la mamie en a marre, et elle se sent prête à tout arrêter, comprenez : se suicider. Il va s'ensuivre alors, à partir de ce moment où la vieille dame prend cette décision, une succession de situations toutes plus loufoques et invraisemblables les unes que les autres : en effet, la colonelle va se concocter un poison mortel qu'elle va transporter partout avec elle afin de se protéger de son neveu en permanence. L'histoire va ainsi se transformer en une grande partie de Kill Bill aux dépens de tous les protagonistes.

   Le problème de ce roman, c'est qu'on ne s'attache pas aux personnages. Le trio de criminels dont le neveu de la colonelle est le chef, est présenté directement comme un groupe antipathique, et présenté comme les ennemis de ce roman, et de la douce mamie. Mais d'un autre côté, on se rend compte que la vieille dame ne vit absolument pas dans le besoin, elle est quand même veuve de colonel, et qu'elle n'a visiblement pas tant que cela besoin de sa rente. Sachant qu'elle laisse vivre son neveu dans le besoin et la misère, on ne peut pas vraiment la prendre en pitié non plus. On a là des personnages loufoques, imbibés d'alcool (oh, tiens, ne serait-ce pas là un cliché dans ces pays du nord de l'Europe ?) qui se retrouvent dans des situations tellement cocasses et bizarres qu'il n'est pas possible de s'identifier à eux.

   La plume de Paasilinna est d'un cynisme délicieux, et je pense qu'il faut être sensible à l'humour noir pour l'apprécier pleinement, au moins dans ce roman, puisque c'est le seul que je connaisse de cet auteur pour l'instant. Il a tout de même un style particulier : il utilise en effet assez peu le discours direct, et privilégie les paroles rapportées indirectement. Cela peut rendre la lecture un peu lourde, car les dialogues dans un roman peuvent être l'occasion d'une pause de temps en temps. Une lecture à conseiller à un certain public, donc, averti et conscient du genre d'humour et de plume de l'auteur.

   Je vous souhaite d'excellentes lectures, et à bientôt dans une prochaine chronique !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...