samedi 15 juillet 2017

Novecento : pianiste

Auteur : Alessandro Baricco
Edition : Folio
Parution originale : 1997
Origine : Italie
Nombre de pages : 84
Genre : Théâtre
   Résumé :  Né lors d'une traversée, Novecento, à trente ans, n'a jamais mis le pied à terre. Naviguant sans répit sur l'Atlantique, il passe sa vie les mains posées sur les quatre-vingt-huit touches noires et blanches d'un piano, à composer une musique étrange et magnifique, qui n'appartient qu'à lui: la musique de l'Océan dont l'écho se répand dans tous les ports.
Sous la forme d'un monologue poétique, Baricco allie l'enchantement de la fable aux métaphores vertigineuses.

   J'ai lu ce livre dans le cadre de ma formation en Métiers du Livre à l'IUT. L'avantage cette année, c'est que j'ai pu choisir mes lectures pour l'année dans une liste de plusieurs dizaines de livres tous plus différents les uns que les autres, ce qui me change beaucoup de la fac où nous avons un programme bien défini et non échangeable. J'ai donc choisi ce livre parce que j'ai déjà un roman d'Alessandro Baricco dans ma PAL, qui s'appelle Soie, et que j'avais donc envie d'enfin apprendre à connaître cet auteur pour de bon.
   Novecento : pianiste raconte, à travers les yeux d'un trompettiste du bateau Le Virginian, l'histoire étrange du grand pianiste des océans Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento, un jeune homme de trente ans, né sur le bateau, qui n'a jamais posé le pied à terre. D'une certaine manière, cette histoire m'a un peu rappelé celle du Joueur d'échecs de Stefan Zweig, qui raconte l'histoire du champion du monde des échecs, voyageant sur un bateau l'emmenant au Brésil, vaincu dans un duel par un mystérieux inconnu.

   Novecento : pianiste est un petit livre (il est long de moins d'une centaine de pages) vraiment particulier : à la lisière du roman et de la pièce de théâtre, on ne saurait dire s'il est l'un ou l'autre. L'auteur lui-même, dans une sorte de préface, lui donne le nom de "monologue", qui est un terme emprunté au théâtre, et la disposition du texte à certains endroits ainsi que sa police en italique laisse penser au lecteur qu'il s'agit de didascalies, encore un terme spécifique au théâtre. Cependant, le reste du texte est disposé comme dans un roman, avec des interventions d'autres personnages, sans qu'ils soient introduits comme au théâtre, des descriptions, du récit. Ce petit livre se présente comme un ovni de la littérature. 

   Alessandro Baricco fait plus qu'écrire sur la musique dans ce livre. Il écrit la musique, jouant sur les sonorités, innovant l'écriture et s'amusant avec les mots et la disposition du texte, comme un pianiste qui compose une musique et s'amuse à ajouter des bémols ou des dièses par-ci, par-là, sur sa partition. Tout au long de ce livre, Baricco fait l'analogie entre la musique et le voyage. La musique traverse les frontières, réunissant tous les horizons sur ce bateau. On y entend le blues et le jazz, mais aussi l'opéra, et la musique étrange, presque universelle, de Novecento. D'une manière ironique, ce n'est pas le bateau qui le fait voyager, mais la musique. A chaque nouvelle composition, il voyage dans une nouvelle ville, un nouveau coin du monde. A travers les yeux de son ami, Baricco nous offre le portrait touchant d'un personnage étonnant, et une histoire qui vaut le coup d'être lue.

   Le style d'Alessandro Baricco est très agréable à lire, plein de paradoxes, à la fois travaillé, et semblant spontané, parfois trivial mais d'une grande beauté. J'ai passé un assez bon moment avec ma lecture. Ce petit livre est d'une grande poésie, même si sa lecture ne m'a pas bouleversée plus que cela et n'est pas un coup de cœur. Elle reste une très belle lecture, et je ne peux que la recommander si l'alliance de littérature et de musique est un sujet qui vous intéresse dans un livre, et si vous voulez une lecture qui sorte des sentiers battus.

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