mardi 14 novembre 2017

Personne ne gagne

Titre original : You can't win
Auteur : Jack Black
Edition : Monsieur Toussaint Louverture
Collection : Les Grands Animaux
Parution originale : 1932
Genre : Mémoires
Origine : Etats-Unis
Nombre de pages : 480 pages

   Résumé : Thomas Callaghan, dit "Jack Black", né dans le Missouri, aux Etats Unis. Orphelin de mère et délaissé par son père, il est fasciné par les grands bandits qu'il côtoie depuis sa plus tendre enfance et mène très vite une vie de "hobo". Il devient à l'âge adulte un "yegg", un perceur de coffres émérite, puis est condamné à 26 ans de prison. Il raconte ses mémoires à sa sortie de prison, alors qu'il est engagé par un journaliste, dans le cadre de sa réinsertion dans la société.

   Personne ne gagne est un des deux livres que j'ai lu cette année que je classe dans mes coups de cœur ultimes de cette année 2017. Je l'avoue, si je me suis intéressée à ce livre de prime abord, c'est en premier lieu pour sa couverture magnifique : la maison d'édition Monsieur Toussaint Louverture fait un travail superbe avec sa nouvelle collection des Grands Animaux, qui compte à ce jour, et pour le moment, trois romans. Et non seulement ces livres sont avant tout de très beaux objets, mais ils sont aussi très peu chers, surtout pour du semi-poche. En ce qui concerne Personne ne gagne, je peux vous assurer que le contenu est aussi bon que l'extérieur est beau.

   Personne ne gagne est le témoignage de Thomas Callaghan, alias "Jack Black", un grand bandit du XIXè siècle, né dans le Missouri, aux Etats-Unis. Etant orphelin de mère et délaissé par son père, celui-ci se retrouve à devoir rouler sa bosse très jeune, et côtoie de ce fait des personnes très peu fréquentables, surtout à cette époque aux Etats-Unis. Très vite, ils se retrouve embrigadé par des voyous pour faire des casses et cambrioler des coffres. Jack Black va notamment devenir un yegg, un perceur de coffres émérite. Toujours en quête de liberté, il va cependant se retrouver régulièrement en prison, et va écoper de 26 ans d'enfermement.

   L'intérêt principal que je trouve à ce livre, c'est que ce n'est pas un roman, et pourtant, ça ressemble à un roman. Jack Black raconte son histoire avec une plume de conteur, on a cette impression que l'auteur nous raconte son récit comme s'il était présent dans la pièce, avec une forme d'oralité qui rend le récit très fluide et agréable à lire. Mais cette histoire n'est pas un conte, c'est une histoire vraie. Tout ce que raconte Jack Black lui est réellement arrivé, c'est une forme d'autobiographie, ce qui est d'autant plus intéressant qu'on a une vraie vision de la vie dans l'Ouest des Etats-Unis au XIXè siècle, vision que l'on a d'habitude seulement à travers les différents westerns qu'a pu produire Hollywood, et qui est souvent très romancée. Ici, Jack Black nous expose sa vie de hobo de manière brute, dans un style qui explose tous les stéréotypes. Jack Black n'a pas le souci de plaire, comme beaucoup d'auteurs qui écrivent leur autobiographie, mais simplement d'exposer une vie sujette aux préjugés et à une certaine fascination.

   Jack Black atteint un autre objectif en nous contant son histoire : conter un récit authentique, raconter ces vies que l'on ne connaît pas, que nous ne comprenons pas. C'est un récit dans lequel le lecteur s'implique, et devient presque complice des méfaits du narrateur, on le suit dans son monde et on s'imprègne de ses codes. C'est un récit qui vient du cœur, plein de vie et d'espoir, qui contraste avec une vie sans avenir et dangereuse. Le temps d'une lecture, on intègre ce réseau de cambrioleurs, de receleurs, de bandits, qui ne connaissent que leurs propres codes et leurs propres lois, ne respectent que leurs propres valeurs. Raconter son histoire, c'est cependant également raconter les dessous peu glorieux : les arrestations, la prison, la mort. Jack Black insiste particulièrement sur le sujet, et a pour combat dans ses dernières années de changer la politique des prisons américaines. A l'époque, la torture et le matraquage des prisonniers était autorisé, et loin de dissuader ceux-ci de récidiver à leur sortie de prison, et de se réinsérer dans la société, cela allume la flamme de la vengeance dans leur esprit et les pousse à recommencer, toujours d'une manière plus extrême. Jack Black a eu la chance de tomber sur les bonnes personnes à la fin de sa peine. Personne ne gagne, c'est le discours rétrospectivement amer et pessimiste d'un homme qui rêvait de liberté, et qui ne peut l'avoir en entier. Personne ne gagne, c'est le récit de celui qui réalise que dans la vie, personne ne gagne. Le narrateur regarde son passé, sans juger, mais avec une certaine sagesse, le révèle avec tendresse sans atténuer sa rudesse, sans se dédouaner, sans bien-pensance, sans arrière pensée.

    Personne ne gagne est un récit brut, mais plein de tendresse ; chaud, qui dépeint un monde froid ; terriblement authentique. Ces mémoires d'un grand bandit forment un concentré d'une Amérique qui perdure encore aujourd'hui, soulèvent des problématiques toujours d'actualité, toujours avec une simplicité déconcertante et une verve de conteur.

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