mardi 13 février 2018

Les Soeurs Carmines, tome 1 : Le complot des corbeaux

Auteur : Ariel Holzl
Edition : Mnémos
Collection : Naos
Parution originale : 16 mars 2017
Genre : Jeunesse, Fantasy, Steampunk
Origine : France
Nombre de pages : 263
   Résumé : Merryvère Carmine est une monte-en-l’air, un oiseau de nuit qui court les toits et cambriole les manoirs pour gagner sa vie. Avec ses sœurs, Tristabelle et Dolorine, la jeune fille tente de survivre à Grisaille, une sinistre cité gothique où les mœurs sont plus que douteuses. On s’y trucide allègrement, surtout à l’heure du thé, et huit familles d’aristocrates aux dons surnaturels conspirent pour le trône.
Après un vol désastreux, voilà que Merry se retrouve mêlée à l’un de ces complots ! Désormais traquées, les Carmines vont devoir redoubler d’efforts pour échapper aux nécromants, vampires, savants fous et autres assassins qui hantent les rues…
   J'ai commencé à lire Les Sœurs Carmines, je l'avoue, parce que mes amies ont presque toutes succombées à la saga d'Ariel Holzl, et que j'étais très curieuse de voir le travail de la maison d'édition Mnémos, en particulier de sa collection jeunesse Naos.
   Le complot des corbeaux est le premier tome d'une saga jeunesse à l'univers décalé et singulier, ainsi que le premier roman de l'auteur. Ariel Holzl nous livre avec Les Sœurs Carmines une histoire à laquelle je suis peu habituée en littérature jeunesse, et j'ai donc eu un coup de cœur pour ce premier tome.

   Chaque tome des Sœurs Carmines présente le point de vue d'une des sœurs. L'histoire se situe au XIXè siècle dans une ville imaginaire, Grisaille. Dans cette ville qui porte quand même très bien son nom, il n'est pas rare de croiser un vampire au détour d'une rue, ou une gorgone au milieu de son jardin de statues, et même des zombies employés dans la publicité. Une ville chaleureuse, en sorte. Nous y rencontrons Merryvère, la sœur cadette, qui, afin de subvenir aux besoins de ses sœurs, exerce la dangereuse, et parfaitement illégale, profession de monte-en-l'air. Merry se retrouve, lors d'un contrat qui a mal tourné, au cœur des querelles dans lesquelles s'affrontent les grandes familles de la ville de Grisaille. Parce que oui, à Grisaille, on se trucide allègrement, on se tire dans les pattes, et parfois même, on se fait kidnapper par des vampires. Et la pauvre Merryvère va se mettre dans un pétrin sans nom à cause... d'une petite cuillère. Règle n°1 : ne sous-estimez jamais la dangerosité de cet instrument maléfique.

   Ariel Holzl nous livre avec sa saga un univers à l'atmosphère victorienne, à tendance steampunk, tout en la mêlant à un style naturaliste, et par ici, on adore le mélange. C'est également une saga pleine d'humour, en constant décalage : Merry et ses sœurs vivent au milieu des goules et des vampires comme si c'était la chose la plus normale du monde (il est possible de prendre des bains de sang dans le salon d'esthétique des vampires, notamment), et c'est ce qui crée l'humour de la saga, et le fait qu'on ne peut pas s'empêcher de rire aux éclats à la lecture de ce livre.
   Cependant, c'est à double tranchant : nous pouvons également voir dans ce livre une sorte de satire qui dénonce d'un côté les inégalités sociales, et de l'autre, se moque des plus puissants de ce monde. Dans Les Sœurs Carmines, l'auteur dépeint un monde dans lequel Merryvère est obligée de voler pour subvenir aux besoins de ses sœurs, lesquelles se retrouvent petit à petit de plus en plus dépouillées de leurs biens car elles n'arrivent plus à payer les frais de la maison qu'elles habitent. Cependant, pas question de verser dans le pathos, grâce à des héroïnes qui brisent les normes, et un univers particulièrement grisant.

   Merryvère est un personnage génial pour introduire l'univers de ces romans : on peut la considérer comme la plus "normale" de ses sœurs et à travers elle, le lecteur peut s'identifier à elle et s'imprégner de l'histoire. C'est un personnage malchanceux et maladroit, et elle casse les codes de l'héroïne ingénue dont les défauts cristallisent le côté attirant du personnage : Merryvère est un personnage complètement à côté de ses pompes, un peu bizarre, carrément maladroite, et ces défauts ne tendent pas à rendre le personnage plus sympathique, car il n'a pas besoin de ça pour l'être, mais ont tendance à participer au comique du roman.
  L'aînée des sœurs s'appelle Tristabelle, et bien que le tome qui lui est consacré est le suivant, nous pouvons l'apercevoir dès le tome 1, et je peux déjà dire qu'il s'agit de mon personnage préféré. Je n'avais jamais rencontré un personnage aussi scandaleux et à la fois indécent dans un livre, et rien que le fait décrire ces mots me donne envie de rire aux éclats. Tristabelle est une dangereuse sociopathe narcissique, qui aime autant les belles toilettes que les bains de sang de vierges. Chacune de ses interventions dans ce premier tome a un sass incroyable, et mériterait d'être encadrée. C'est bien simple, chaque fois qu'elle apparaissait dans le tome 1, j'avais juste envie de sortir les pop corn et d'admirer le spectacle, et le chaos qu'elle met sur son passage. Du grand art.
   La dernière des sœurs est la benjamine, et s'appelle Dolorine. Dolorine a beau être la plus jeune, elle est encore plus atteinte que ses aînées, puisqu'elle a des conversations très sérieuses avec son ours en peluche, et qu'elle peut voir des fantômes. C'est un don qui pourrait servir à ses sœurs, cependant par de malheureux concours du sort, Dolorine oublie toujours de les prévenir de ce qu'elle sait, et souvent, il est trop tard quand elles s'en rendent compte. On ne fait que l'apercevoir dans le tome 1 au travers des pages de son journal intime, puisque le tome qui lui est consacré est le troisième de la saga. Ces passages du journal de Dolorine font partie de mes moments préférés du tome 1, car ils sont fondés sur le décalage entre l'innocence de la petite fille et les situations parfois terrifiantes dans lesquelles elle se met et qu'elle affronte avec indifférence, sinon un certain amusement, et la convergence de ces deux points fait de ces scènes des moments de pur délice.

   Pour finir, j'ai envie de vous pousser à tenter l'aventure des Soeurs Carmines, car c'est une saga jeunesse d'une originalité sans bornes, et d'une impertinence qui dépasse les bornes. Cette saga apporte un vent de fraîcheur dans la littérature jeunesse d'aujourd'hui, et c'est également l'occasion de découvrir les éditions Mnémos, qui est une petite maison d'édition très sympathique, que je ne connaissais pas, mais que je vais suivre de près à partir de maintenant. Je vais maintenant me plonger dans la tête de la dangereuse Tristabelle en attaquant le deuxième tome, et je sens déjà qu'il va être mon préféré de toute la saga.

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