vendredi 2 mars 2018

Les Soeurs Carmines, tome 2 : Belle de gris

Auteur : Ariel Holzl
Edition : Mnémos
Collection : Naos
Parution originale : 16 novembre 2017
Genre : Jeunesse, Fantasy, Steampunk
Origine : France
Nombre de pages : 270
   Résumé : Trois semaines séparent Tristabelle Carmine du Grand Bal de la Reine. Trois semaines pour trouver la robe de ses rêves, un masque, une nouvelle paire d’escarpins… et aussi un moyen d’entrer au Palais. Car Tristabelle n’a pas été invitée. Mais ça, c’est un détail. Tout comme les voix dans sa tête ou cette minuscule série de meurtres qui semble lui coller aux talons.

En tout cas, elle ne compte pas rater la fête. Quitte à écumer les bas-fonds surnaturels de Grisaille, frayer avec des criminels, travailler dans une morgue ou rejoindre un culte. S’il le faut, elle ira même jusqu’à tuer demander de l’aide à sa petite sœur. Car Tristabelle Carmine est une jeune femme débrouillarde, saine et équilibrée. Ne laissez pas ses rivales ou ses admirateurs éconduits vous convaincre du contraire. Ils sont juste jaloux. Surtout les morts.
   J'ai poursuivi ma lecture des Sœurs Carmines avec le deuxième tome aussitôt que j'ai posé le tome 1, une chose qui ne m'arrive que très rarement. D'habitude, j'aime laisser reposer une série avec un autre livre, mais là, le besoin de lire la suite des aventures de ces sœurs complètement barrées était plus fort que tout, et m'a submergée avec une voracité sans précédent.
   Comme je l'ai mentionné précédemment, chaque tome de cette série est consacré à une des sœurs. Si le premier suivait Merryvère sur les toits de Grisaille, nous retrouvons Tristabelle, l'aînée, dans le deuxième. Et Tristabelle s'avère être un personnage encore plus haut en couleurs que sa cadette. La jeune fille apprend que la Reine recherche une dame de compagnie parmi les jeunes filles de la haute société de Grisaille, et bien que Tristabelle ne remplisse pas tout le contrat, ce n'est pas ce qui va arrêter la jeune fille. Alors Tristabelle part en quête de la tenue parfaite afin d'écraser toutes ses rivales.

   Si le sujet vous semble plus léger que dans le premier tome, rassurez-vous (ou non), car ce n'est absolument pas le cas. Outre le fait que, dans ce tome, une série de meurtres semble coller aux basques de Tristabelle et va nous préoccuper une très grande partie du roman, il s'avère également que la jeune fille a une manière très... particulière, de faire les boutiques. Machiavélique au sens littéral du terme, Tristabelle est prête à tout pour supplanter ses concurrentes, car pour elle, la fin justifie les moyens. Quitte à provoquer des émeutes pour une paire de chaussures, ou encore espionner ses concurrentes avec des moyens assez originaux. Sans compter qu'elle passe son temps à embêter sa sœur Merryvère, par amour sororal, bien entendu. Tristabelle est un personnage ambivalent, car on pourrait penser qu'elle est absolument détestable par son comportement, mais l'auteur nous en laisse deviner suffisamment sur la jeune fille pour éprouver de l'empathie et avoir envie de croire en elle et de la suivre.
   Ariel Holzl change complètement de style d'écriture avec ce deuxième tome qu'il signe, et on comprend par là-même qu'il en sera sans doute de même avec le tome 3, peut-être écrit sous la forme des carnets de Dolorine ? En tous cas, ce tome 2 adopte la forme du point de vue interne, c'est-à-dire que le lecteur est littéralement plongé dans les pensées de Tristabelle, qui entame une sorte de dialogue avec celui-ci. Le roman brise sans cesse le quatrième mur, Tristabelle s'adresse sans discontinuer à son lecteur, en l'amadouant et le méprisant à la fois, l'envoie sur les roses un instant, puis le cajole à la ligne suivante, et cette forme d'écriture participe à l'implication du lecteur dans sa lecture. Cela renforce le comique de ce roman, qui n'en manque pas, car le lecteur rit de l'insolence dont fait preuve ce personnage proprement scandaleux.

   Je ne peux pas parler plus longtemps de ce tome sans me répéter par rapport à ma chronique sur le tome 1, ou sans vous gâcher le plaisir de la découverte. Quoiqu'il en soit, lire Les Soeurs Carmines, c'est rencontrer trois personnages féminins atypiques, complètement atteintes et délicieusement imparfaites. Lire Les Soeurs Carmines, c'est découvrir un univers jeunesse qui sort des sentiers battus et, bien que certains passages soient convenus, ça reste un roman pour adolescents, il ne cesse néanmoins pas de surprendre son lecteur, par son style comme par son histoire.

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